
PERP : sortie en capital, dans quels cas et à quelles conditions ?
L’heure fatidique du départ à la retraite a sonné. Ou bien, peut-être aimeriez-vous percevoir les fruits de votre épargne retraite en avance… Quel que soit le timing, il est légitime de se demander comment récupérer l’argent d’un PERP ? On vous explique.
En bref
- Le PERP prévoit par principe une sortie en rente viagère à la retraite. La sortie en capital est possible, mais encadrée et limitée.
- Trois cas ouvrent droit à une sortie en capital du PERP : une rente viagère de faible montant, l’acquisition de la première résidence principale, et une sortie partielle à hauteur de 20 % de la valeur de rachat à l’échéance.
- Côté fiscalité, le capital perçu relève, au choix, du prélèvement libératoire de 7,5 % (après un abattement de 10 %) ou du barème de l’impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux.
- Le PERP n’est plus commercialisé depuis la loi PACTE (2019). Le PER, lui, autorise une sortie 100 % en capital à la retraite. Transférer votre PERP vers un PER peut donc élargir vos options.
- Chaque situation étant particulière, un point avec un conseiller permet d’arbitrer entre capital, rente et transfert.
Vous détenez un Plan d’Épargne Retraite Populaire (PERP) et l’échéance de la retraite approche. Une question revient toujours : pouvez-vous récupérer votre épargne sous forme de capital, en une fois, plutôt qu’en rente viagère versée mois après mois ? La réponse est nuancée. Le PERP a été pensé comme un placement « tunnel » à sortie majoritairement en rente, mais la loi prévoit plusieurs cas de sortie en capital. Voici lesquels, dans quelles conditions, et avec quelle fiscalité.
Peut-on sortir son PERP en capital à la retraite ?
Le PERP s’est longtemps imposé comme un dispositif de référence pour préparer sa retraite. On l’a souvent qualifié de « placement tunnel » : l’épargnant réalise des versements pendant sa vie active, avec un avantage fiscal à l’entrée (les sommes versées sont déductibles du revenu imposable dans les limites légales), et perçoit son épargne à l’âge de la retraite.
Concrètement ? À l’échéance, le PERP se dénoue par principe en rente viagère : vous touchez un revenu régulier jusqu’à la fin de votre vie. La sortie en capital n’est pas la règle sur ce contrat, contrairement à l’idée qu’on s’en fait parfois.
En clair : la sortie en capital du PERP existe, mais uniquement dans des situations précises que la loi a définies. Voyons-les une par une.
Les cas de sortie en capital du PERP
La réglementation autorise trois hypothèses de sortie en capital à l’échéance du PERP.
Quand la rente viagère est de faible montant
Première hypothèse : si la rente viagère calculée à partir de votre épargne est d’un montant trop faible, verser quelques dizaines d’euros par mois n’aurait guère de sens. La loi permet alors à l’assureur de vous régler l’épargne en capital, en une seule fois, plutôt qu’en rente.
En clair : plus votre PERP est modeste, plus vous avez de chances de le récupérer en capital plutôt qu’en rente.
Quand vous achetez votre première résidence principale
Deuxième hypothèse : l’acquisition de votre première résidence principale. Si vous n’avez pas été propriétaire de votre habitation principale au cours des dernières années, vous pouvez demander à récupérer votre PERP en capital pour financer cet achat, au moment de la liquidation de vos droits à la retraite.
Concrètement ? C’est l’un des rares leviers qui transforme une épargne pensée pour la rente en un apport immobilier.
La sortie partielle à hauteur de 20 % de la valeur de rachat
Troisième hypothèse, la plus connue : à l’échéance, vous pouvez opter pour une sortie partielle en capital à hauteur de 20 % de la valeur de rachat de votre contrat. Les 80 % restants sont alors versés sous forme de rente viagère.
En clair : sur un PERP classique, vous pouvez toucher jusqu’à un cinquième de votre épargne d’un coup, le solde continuant à vous être versé chaque mois à vie.

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Quelle fiscalité pour une sortie en capital du PERP ?
C’est souvent le vrai sujet : combien reste-t-il une fois l’impôt passé ? La sortie en capital du PERP obéit à des règles fiscales spécifiques.
Impôt sur le revenu : barème ou prélèvement libératoire
Le capital perçu est en principe soumis à l’impôt sur le revenu. Vous avez le choix entre deux options :
- le barème de l’impôt sur le revenu, après application d’un abattement de 10 % sur le capital ;
- ou, sur demande, un prélèvement libératoire forfaitaire de 7,5 %, également après abattement de 10 %.
Le prélèvement libératoire de 7,5 % est souvent plus favorable, en particulier si votre tranche marginale d’imposition est élevée. Mais tout dépend de votre situation fiscale globale l’année de la sortie.
Les prélèvements sociaux
À cette imposition s’ajoutent les prélèvements sociaux, applicables selon la nature des sommes concernées. Ils viennent réduire le montant net que vous percevez, en plus de l’impôt sur le revenu.
Un exemple chiffré
Prenons un capital PERP de 10 000 € perçu en une fois, avec option pour le prélèvement libératoire :
- abattement de 10 % : 1 000 €, soit une base imposable de 9 000 € ;
- prélèvement libératoire de 7,5 % sur 9 000 € : 675 € ;
- s’ajoutent les prélèvements sociaux, calculés selon les sommes concernées.
Concrètement ? Sur 10 000 € de capital, l’impôt au titre du prélèvement libératoire ressort à 675 €, hors prélèvements sociaux. Ce calcul est un exemple pédagogique : votre imposition réelle dépend de votre profil et des taux en vigueur en 2026.
Information à caractère général : ceci ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Rapprochez-vous d’un conseiller ou consultez impots.gouv.fr pour votre situation.
Sortie en capital ou rente viagère : comment choisir ?
Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Le choix dépend de vos projets, de votre besoin de sécurité et de votre situation fiscale.
| Critère | Sortie en capital | Rente viagère |
| Disponibilité | Somme perçue en une fois | Revenu régulier à vie |
| Projets | Adaptée à un projet ponctuel (immobilier, voyage, apport) | Adaptée à un complément de revenu durable |
| Sécurité | Vous gérez vous-même le capital | Revenu garanti, sans souci de gestion |
| Fiscalité | IR (barème ou libératoire 7,5 %) + prélèvements sociaux | Régime des rentes viagères |
| Sur le PERP | Limitée aux cas autorisés (dont 20 %) | Régime par défaut |
En clair : si vous avez un projet précis et une bonne visibilité sur vos besoins, le capital a du sens. Si vous cherchez avant tout un revenu régulier et de la tranquillité, la rente reste pertinente. Un conseiller peut chiffrer les deux scénarios pour vous.

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PERP ou PER : quelle différence pour la sortie en capital ?
Le point à retenir : le PERP et le PER ne jouent pas dans la même cour sur la sortie en capital.
- Sur le PERP, la sortie en capital reste limitée aux cas décrits plus haut (rente faible, résidence principale, 20 % de la valeur de rachat).
- Sur le PER, créé par la loi PACTE du 22 mai 2019, vous pouvez récupérer 100 % de votre épargne en capital au moment de la retraite, en une fois ou de façon fractionnée, ou choisir la rente, ou combiner les deux.
Le PER ajoute aussi un cas de déblocage anticipé absent du PERP : l’achat de la résidence principale en cours de vie du contrat, en plus des accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire).
Concrètement ? Le PERP n’étant plus commercialisé depuis la loi PACTE, si la souplesse d’une sortie 100 % capital vous intéresse, la piste à étudier est le transfert de votre PERP vers un PER.
Comment récupérer concrètement le capital de votre PERP ?
La démarche passe par votre assureur ou l’organisme gestionnaire du contrat. En pratique, il faut adresser une demande et fournir les justificatifs correspondant à votre situation (liquidation des droits à la retraite, justificatif d’acquisition de la résidence principale, etc.). L’assureur vérifie que vous relevez bien d’un cas de sortie en capital autorisé, puis procède au versement.
En clair : le capital n’est pas « bloqué » à jamais, mais son déblocage suit une procédure encadrée, avec des pièces à réunir.
Conclusion : faites le point avant de choisir
Sortie en capital, rente viagère, transfert vers un PER : chaque option a ses avantages et ses conséquences fiscales. Le bon arbitrage dépend de votre patrimoine, de vos projets et de votre fiscalité. En tant que conseiller en gestion de patrimoine (CGP) digital, Perlib vous aide à y voir clair et à choisir la solution adaptée à votre situation, sans jargon.

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Sources
- service-public.fr, Plan d’épargne retraite populaire (PERP) et Plan d’épargne retraite (PER)
- impots.gouv.fr, Fiscalité de l’épargne retraite (sortie en capital, prélèvement libératoire)
- legifrance.gouv.fr, Loi PACTE du 22 mai 2019 relative à l’épargne retraite
Contenu informatif. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Ces informations ne constituent pas un conseil personnalisé : pour un accompagnement adapté à votre situation, rapprochez-vous d’un conseiller Perlib.
FAQ sur la sortie en capital du PERP
Non, pas dans le cas général. Le PERP se dénoue par principe en rente viagère. La sortie en capital reste limitée à des cas précis : une rente de faible montant, l’acquisition de votre première résidence principale, ou une sortie partielle à hauteur de 20 % de la valeur de rachat. Pour une sortie 100 % en capital, il faut envisager un transfert vers un PER.
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