Fiscalité : pourquoi ouvrir un Plan Epargne Retraite (PER) ?

Épargner pour sa retraite est devenu une nécessité. Et, lorsqu’il existe une carotte fiscale à la clé, pourquoi s’en priver ? C’est l’argument majeur des plans d’épargne retraite : ils permettent une importante déduction fiscale. Le Plan Epargne Retraite serait un ‘‘bon plan’’ pour réduire ses impôts et préparer sa retraite. On parle même de « défiscalisation massive ». Mais qu’en est-il réellement ? Taux d’imposition, plafond épargne retraite, déduction des versements volontaires… Tout, vous saurez tout sur la fiscalité du PER !

Le Plan Epargne Retraite : un produit intéressant ?

Quels sont les avantages du Plan Epargne Retraite ? Est-ce un placement plus intéressant que l’Assurance Vie ? Pourquoi ce placement plutôt qu’un autre ? Ces questions, vous n’êtes pas seul à vous les poser…

Au contraire de l’Assurance vie, le plan d’épargne retraite est intégralement tourné vers le jour de votre départ à la retraite et la baisse de revenus qui l’accompagnera irrémédiablement. La fiscalité du PER prend donc en compte la réalité de cette situation. 

Tout l’intérêt du PER repose sur la défiscalisation des sommes versées. Un avantage fiscal audacieux, en particulier si vous vous situez dans une tranche marginale d’imposition (TMI) élevée et que vous vous attendez à une baisse sensible de vos revenus une fois retraité. C’est le cas notamment des professions libérales…

Le plan d’épargne retraite vous permet de défiscaliser vos versements au cours de la vie active, lorsque vous êtes au plus haut de votre taux d’imposition, et de sortir au jour de la retraite lorsque votre taux d’imposition se sera effondré. C’est ce qu’on appelle l’optimisation fiscale !

Vous restez sur la même tranche d’imposition lors de votre passage à la retraite ? Pas de panique, le PER demeure un placement intéressant. Pourquoi ? Tout simplement parce que le PER fait ‘‘travailler’’ votre argent plutôt que de le voir intégralement prélevé par l’administration fiscale. Et à l’échelle d’une vie, faire fructifier cet argent peut se révéler un important levier pour vos projets d’avenir…

Faut-il opter pour la déduction fiscale de son PER ?

Puisque la déduction fiscale constitue l’argument phare du Plan Epargne Retraite, il paraît évident de répondre favorablement à cette question. Pas si vite ! Tout dépend de votre taux d’imposition. Certains pourraient avoir intérêt à ne pas défiscaliser…

Réduire ses impôts avec le PER : la déduction fiscale

La déduction fiscale généreuse qu’offre le Plan Epargne Retraite attire nombre de contribuables, notamment les plus gros. En effet, pour que ce placement soit le plus avantageux sur le plan fiscal, votre taux d’imposition doit idéalement se situer aux alentours des 30%, ou mieux, à 41 ou 45%. 

Dans cette hypothèse, nul doute possible, vous devez opter pour la déductibilité des versements dès l’ouverture de votre PER. Ainsi, les sommes versées volontairement sur ce contrat seront déduites de vos revenus imposables net. Imaginez quelle économie d’impôt vous allez réaliser…

Il arrive toutefois que notre taux d’imposition ne se trouve pas au plus haut au jour de l’ouverture du Plan Epargne Retraite. Néanmoins, adoptez une vision à long terme. Vous n’aurez qu’un seul PER, tout au long de votre vie active. Et il y a fort à parier sur le fait que vos revenus – donc votre taux d’imposition – va augmenter. Ne négligez donc pas cet avantage fiscal dont vous pourriez profiter.

Comment bénéficier de cette déduction fiscale ? C’est très simple,il vous suffit de porter sur votre déclaration de revenus n°2042 les sommes versées sur votre plan d’épargne retraite. Concrètement ? En mai N+1, il faut déclarer les revenus de l’année N. À l’occasion de cette déclaration 2042, dans la partie « charges déductibles », renseignez la case 6NS en indiquant la somme que vous avez épargné sur votre PER pour l’année N. Voyez ? Rien de bien sorcier !

Refuser la déduction fiscale : l’exonération à la sortie

Produit d’épargne, mais surtout de défiscalisation, le plan d’épargne retraite peut prêter à confusion. Or, pour quantité de travailleurs actifs peu ou pas imposés, il peut paraître plus opportun de ne pas défiscaliser. Ou, plus exactement, de choisir de ne pas bénéficier de cet avantage à l’entrée… pour mieux en profiter à la sortie. On vous explique.

Dans les faits, beaucoup d’épargnants n’ont rien ou pas grand-chose à défiscaliser. Ceux-là peuvent choisir de ne pas défiscaliser leurs versements à l’ouverture de leur plan d’épargne retraite. En effet, cette déduction fiscale est optionnelle et rien ni personne ne peut vous y obliger. 

Mais dans ce cas, rien n’est perdu, l’avantage fiscal est reporté à la sortie. Vous n’aurez pas droit à la déduction fiscale des versements effectués, mais vous bénéficierez d’une exonération totale d’imposition si vous sortez en capital le jour de votre départ à la retraite. Voilà une belle carotte fiscale !

Vous avez compris le principe ? Le Plan Epargne Retraite permet la déduction fiscale de tous les versements que vous réalisez pour votre épargne retraite. Et si vous ne souhaitez pas en bénéficier, c’est à la sortie que vous serez récompensé.

Alors quelle option retenir pour votre situation ? Vous êtes seul à pouvoir y répondre. Tout dépend de votre taux d’imposition actuel et futur... Où qu’il soit, à l’entrée ou à la sortie, l’avantage fiscal que propose le Plan Epargne Retraite sera toujours intéressant.

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Comment optimiser ses versements sur son plan d’épargne retraite ?

Vous avez choisi de réduire vos impôts avec la déduction fiscale des sommes versées sur votre plan d’épargne retraite ? Bien joué. Maintenant, il vous reste quelques règles à connaître pour optimiser vos versements… 

Comment optimiser la déduction fiscale des sommes versées ?

Le plan d’épargne retraite est un placement souple. Si vous avez opté pour la déduction fiscale à l’entrée, vous resterez libre du choix de la fréquence et du montant de vos versements. À tout moment, vous avez la possibilité de l’ajuster en fonction de votre situation personnelle. 

Comment calculer le montant de ses versements ? Au fond, chacun dispose d’une capacité d’épargne qui lui est propre. Il s’agit du taux d’effort qui peut être réalisé pour épargner chaque mois. Mais cette capacité doit être analysée au regard de votre taux d’imposition. Retenez que, plus vous payez d’impôt, plus vous avez intérêt à épargner.

L’économie d’impôt réalisée est en effet directement liée à votre niveau de revenus et à votre taux d’imposition. Ainsi, pour un gros contribuable imposé à 41 %, pour 1 000 euros investis, l’économie d’impôt s’élève à 410 euros. L’effort d’épargne réel est donc quasiment divisé par deux, grâce au Plan Epargne Retraite ! Vous avez donc tout intérêt à miser sur ce placement. Mais jusqu’où peut-on aller ? 

Quel plafond de déduction fiscale sur le PER ?

Comme tout avantage fiscal, il y a des plafonds à ne pas dépasser. Les sommes versées sur votre plan d’épargne retraite n’échappent pas à la règle. Ces versements sont déductibles de vos revenus imposables dans la limite d’un plafond annuel

Il existe deux types de plafond fiscal, vous pouvez opter pour la situation la plus favorable dans votre situation :

  • 10% de vos revenus N-1 nets de frais professionnels dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la sécurité sociale soit 32.908 euros pour les versements effectués en 2021. Un plafond relevé pour les travailleurs non-salariés qui peuvent atteindre jusqu’à 76.101 euros.
  • Ou 10% du PASS, soit 4052€ déductibles.

C’est donc au regard de vos revenus nets imposables que le plafond fiscal sera plus ou moins élevé. Un élément dont il faudra tenir compte pour fixer le montant de vos versements sur votre Plan Epargne Retraite !

Ajouter le reliquat des plafonds précédents : c’est possible

Vous n’avez pas atteint votre plafond fiscal l’an dernier, ni l’année passée ? Sachez qu’il est possible d’ajouter à votre plafond épargne retraite annuel le reliquat des trois années précédentes. Ça c’est de l’optimisation fiscale !

Pour connaître précisément le montant de votre disponible fiscal, le plus simple est de consulter votre avis d’imposition. Vous ne le trouvez pas ? Il est encore possible d’interroger votre centre d’impôts. Cette information passe souvent inaperçu, mais elle constitue un avantage fiscal supplémentaire pour les gros contribuables.

Foyer fiscal : mutualiser ses plafonds

Autre mesure d’optimisation fiscal de vos versements sur un plan d’épargne retraite, vous avez la possibilité de mutualiser vos plafonds avec votre conjoint ou votre partenaire de Pacs. Il est également possible d’utiliser le disponible fiscal de son conjoint ou partenaire. 

Concrètement ? Vous souhaitez verser davantage sur votre PER et avez atteint votre plafond fiscal, tandis que votre partenaire en est très loin ? Empruntez-lui tout ou partie de son disponible fiscal… Les bons comptes font les bons partenaires dans la vie !

Réduire ses impôts : un plan d’épargne pour son enfant ?

Enfin, il est une astuce qu’on a tendance à oublier : chaque membre du foyer fiscal bénéficie d’un plafond. Vous, votre partenaire et vos enfants pouvez donc détenir chacun un ou plusieurs PER et le plafond déductible s’applique à chacun.

Le Plan Epargne Retraite permet donc aux parents ou aux grands-parents de constituer une épargne pour leurs enfants. En pratique ? Le PER est ouvert à leur nom et les versements sont déductibles de vos revenus tant que votre enfant est rattaché à votre foyer fiscal. Pour réaliser ce schéma d’optimisation fiscale, il suffit de prouver l’intérêt de l’enfant. Or qui pourrait douter que la construction d’une épargne pour son enfant est dans son intérêt ?

Fiscalité à la sortie du PER : rente ou capital ?

Vous l’aurez compris, l’avantage fiscal du plan d’épargne retraite se retrouve, au choix, à l’entrée ou à la sortie. Si vous avez opté pour la défiscalisation des versements, la sortie sera nécessairement imposée. Reste que vous avez peut-être intérêt à emprunter une porte de sortie plutôt qu’une autre. Rente viagère ou sortie en capital, on fait le bilan.

Sortie en rente viagère : quel taux d’imposition ?

Vous avez fait le choix d’une sortie en rente viagère ? Cette solution présente une réelle sécurité. Néanmoins, votre imposition sera plus ou moins favorable selon que vous avez déduit ou non vos versements, tout au long de votre vie active.

Si vous avez bénéficié de l’avantage fiscal à l’ouverture de votre plan d’épargne retraite et déduit les sommes versées, alors vous dépendez de la fiscalité des rentes viagères à titre gratuit (RVTG). Autrement dit, la rente est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, après abattement de 10%.

Si, au contraire, vous avez décidé de ne pas défiscaliser vos versements, alors vous relevez de la fiscalité des rentes viagères à titre onéreux (RVTO). Seule une fraction de votre rente est imposable après application d’un abattement qui varie selon votre âge à la date du premier versement :

  • 30% d’abattement si vous aviez moins de 50 ans,
  • 50% entre 50 et 59 ans,
  • 60% entre 59 et 69 ans,
  • 70% si vous aviez plus de 69 ans.

La rente viagère présente donc l’avantage de la sécurité, offrant à l’épargnant la possibilité de compter sur un revenu mensuel pour sa retraite. Elle n’est toutefois pas entièrement exonérée d’impôt, même pour les épargnants qui ont fait le choix de la défiscalisation. Un inconvénient que ne présente pas la sortie en capital…

Sortie en capital : quelles conséquences fiscales ?

Vous faites le choix de la liberté, avec la sortie en capital ? Qu’il s’agisse d’une sortie totale en capital ou mixte (avec une partie en rente) l’administration fiscale ne vous oublie pas.

Cette fois, si vous n’avez pas défiscalisé vos versements, c’est la carotte : le capital que vous percevez est exonéré à la sortie. Si, au contraire, vous avez largement profité de l’avantage fiscal lié à la déduction des versements sur votre Plan Epargne Retraite, le capital que vous avez épargné est imposé au barème de l’impôt sur le revenu selon votre taux d’imposition.

Dans les deux cas, vous restez redevable de l’impôt sur la plus-value réalisée sur votre épargne retraite. Cette plus-value est imposée à la flat tax de 30% (prélèvements sociaux inclus).

Retenez donc que la sortie en capital présente un intérêt fiscal considérable pour l’épargnant qui fait le choix de ne pas défiscaliser. Pour les autres, le choix entre rente ou sortie en capital vous appartient. Cette question dépend de vos revenus, votre taux d’imposition et, bien sûr, de vos projets pour l’avenir ! 

Sortie anticipée du PER : quel taux d’imposition ?

En principe, le plan d’épargne retraite a vocation à vous suivre jusqu’au bout de la vie. L’argent que vous épargnez est théoriquement bloqué et ne peut être perçu qu’au jour de votre départ à la retraite.

Comme tout principe, il y a des exceptions. Le Plan Epargne Retraite a l’avantage de prévoir des cas de déblocages anticipés. C’est le cas des accidents de la vie : décès de votre conjoint ou partenaire, invalidité, invalidité de votre conjoint ou d’un enfant, fin des droits d’allocation chômage, surendettement, cessation d’activité… Il est également possible, et c’est la grande nouveauté du PER, de sortir à l’occasion de l’achat de sa résidence principale.

Comme pour une sortie ordinaire pour départ à la retraite, vous avez le choix entre une sortie totale ou partielle en capital, en rente, ou mixte. Mais, dès lors que vous sortez l’argent de votre plan d’épargne retraite, la fiscalité se déclenche. Et pour ces sorties de secours, l’administration fiscale vous attend au tournant. Si la fiscalité suit les mêmes règles que celles d’une sortie ordinaire, votre taux d’imposition sera probablement plus conséquent que celui qui vous attend à la retraite…

Réduire ses impôts : plutôt PER ou Assurance Vie ?

Au final, le Plan Epargne Retraite présente un fonctionnement très similaire à celui de l’Assurance Vie. Si vous êtes un gros contribuable et souffrez d’une forte imposition, l’intérêt du PER réside dans sa capacité à réduire au maximum sa tranche d’imposition. 

Si, à l’inverse, vous payez peu ou pas d’impôt, choisir le PER n’est peut-être pas la solution optimale pour votre situation. Dans ce cas, l’Assurance Vie, placement souple et sécurisant, peut convenir à l’anticipation de vos vieux jours. 

Reste qu’il est tout à fait possible de cumuler les avantages de ces deux produits en choisissant une bonne assurance-vie et un bon plan d’épargne retraite. Ce sont deux enveloppes d’épargne complémentaires.

Impôt sur les successions : la transmission du PER

Le plan d’épargne retraite assure votre retraite. Et après, le déluge ? Que se passe-t-il si, par malheur, vous veniez à nous quitter ? 

À ce stade encore, le PER offre un avantage fiscal considérable. Ce placement dispose d’un plafond d’exonération successorale commun à l’assurance-vie. Concrètement, si l’épargnant décède avant l’âge de 70 ans, le capital accumulé est reversé aux bénéficiaires désignés par le contrat, hors taxes jusqu’à 152 500 euros. En revanche, si le décès a lieu après 70 ans, l’abattement est plafonné à 30 500 euros (partagé entre les différents bénéficiaires) et le solde est soumis aux droits de succession.

Le PER est donc transmissible à vos héritiers avec un avantage fiscal conséquent. Mais, gardez bien en tête que son but premier est, et restera, d’anticiper au mieux votre passage à la retraite.

En résumé :

  • Les versements réalisé sur le Plan Epargne Retraite sont déductibles dans la limite d’un plafond annuel.
  • Le PER ne présente pas la même fiscalité selon que la sortie se fait en capital ou en rente viagère.
  • Le PER et l’assurance-vie sont deux placements complémentaires au fonctionnement et à la fiscalité proche, mais dont l’objectif est distinct.

Alors, moralité, le plan d’épargne retraite est un placement intéressant ? Fiscalement, cela ne fait aucun doute. Que vous optiez pour l’avantage fiscal à l’entrée ou à la sortie, vous bénéficierez toujours d’un placement à la fiscalité allégée.

Et vous, quand déciderez-vous de sauter le pas ?