Retraite

Plan d'épargne retraite d'entreprise : fonctionnement, avantages et déblocage

Peut-on ouvrir plusieurs PER ? Les stratégies gagnantes expliquées.

27 mai 2026

1 min

En bref

  • Le PER d'entreprise regroupe le PERO (obligatoire) et le PERECO (collectif), dispositifs d'épargne retraite complémentaire financés par l'employeur et les salariés.

  • L'abondement de l'employeur et les avantages fiscaux (déduction IR, exonérations sociales) en font un outil d'épargne avantageux par rapport à l'assurance vie classique.

  • L'épargne reste portable : si vous changez d'emploi, vos droits se transfèrent vers un autre PER ou un contrat individuel.

  • Des déblocages anticipés sont possibles en cas d'achat immobilier, surendettement ou invalidité, avant la retraite.

  • À la retraite, vous choisissez entre rente viagère, capital ou une combinaison : aucun rendement n'est garanti, les performances passées ne préjugent pas des futures.

Votre entreprise vous propose un PER d'entreprise ? Ce dispositif d'épargne retraite, souvent méconnu, est pourtant une opportunité majeure pour préparer votre retraite à moindre coût fiscal. Financé en partie par les abondements de votre employeur, le PER d'entreprise offre des avantages sociaux et fiscaux significatifs : déduction de l'impôt sur le revenu, exonérations partielles de cotisations sociales, et une grande flexibilité dans les modalités de sortie. Cet article vous explique le fonctionnement complet du PER d'entreprise, les différents types (PERO et PERECO), les conditions d'accès, et les règles de déblocage et de sortie. Votre situation patrimoniale est unique : après cette lecture, nous vous encourageons à échanger avec un conseiller Perlib pour un bilan personnalisé.

Qu'est-ce qu'un PER d'entreprise ?

Définition et contexte réglementaire

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) d'entreprise est un dispositif collectif d'épargne retraite que les entreprises peuvent mettre en place pour aider leurs salariés à constituer une épargne complémentaire en vue de la retraite. Depuis le 1er octobre 2020, le PER a remplacé plusieurs anciens régimes (PERCO, Madelin, contrats article 83) dans une logique de simplification et d'harmonisation.

Le PER d'entreprise fonctionne selon un principe d'épargne par capitalisation : l'argent versé (par l'employeur et/ou le salarié) est investi sur des supports financiers (fonds en euros, unités de compte, actions, obligations) et fructifie jusqu'à la retraite. Aucun rendement n'est garanti : selon le choix de gestion (pilotée ou libre) et l'évolution des marchés financiers, la valeur du capital peut augmenter ou diminuer. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le PER d'entreprise se distingue du régime obligatoire de retraite de base (Agirc-Arrco pour les salariés du secteur privé) : il vient en complément, pas en substitution. L'objectif est de disposer d'un revenu supplémentaire lors du départ à la retraite. Pour bien comprendre le contexte global, vous pouvez consulter notre guide sur les différentes solutions de retraite complémentaire.

💡 Même si vous êtes jeune, ne sous-estimez pas le PER d'entreprise : l'abondement de votre employeur (souvent 3 à 10 % du salaire) représente de l'argent gratuit. Versé régulièrement dès vos débuts dans l'entreprise, il se capitalise sur 30 ou 40 ans et peut doubler ou tripler le montant de votre épargne initiale via l'effet de composition, sans garantie bien sûr.

Différence avec d'autres régimes de retraite

Le PER d'entreprise complète plusieurs régimes :

  • Agirc-Arrco (retraite complémentaire obligatoire, salariés privé) : c'est un système de répartition (vos cotisations financent les retraites actuelles), non de capitalisation.
  • Assurance vie classique : c'est un contrat d'épargne à usage libre (retrait possible à tout moment, pas de blocage retraite). Le PER d'entreprise, en revanche, est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé).
  • PEA (Plan d'Épargne en Actions) : destiné aux placements en actions, imposé différemment, sans lien avec la retraite obligatoire de l'entreprise.

Les types de PER d'entreprise : PERO et PERECO

PERO : Plan d'Épargne Retraite Obligatoire

Le PERO (Plan d'Épargne Retraite Obligatoire) est un dispositif collectif d'épargne retraite que l'entreprise peut mettre en place. Si l'entreprise crée un PERO, tous les salariés (ou une catégorie objective de salariés, ex: cadres, non-cadres, ancienneté > 6 mois) deviennent obligatoirement affiliés : pas de choix d'adhésion.

Caractéristiques du PERO :

  • Abondement obligatoire de l'employeur (dans des limites légales, souvent 3 à 10 %)
  • Versements volontaires possibles du salarié
  • Possibilité de transfer de droits depuis un ancien contrat article 83 ou PERP (pour les salariés ayant cotisé avant)
  • Sortie en rente obligatoire ou capital au choix

Le PERO succède aux anciens contrats article 83 (régimes d'épargne retraite à prestations définies). Si vous aviez un article 83, vos droits peuvent être transférés vers le PERO de votre nouvelle entreprise.

PERECO : Plan d'Épargne Retraite Collectif

Le PERECO (Plan d'Épargne Retraite Collectif) est le successeur du PERCO, qui a disparu le 1er octobre 2020. Le PERECO fonctionne de façon similaire au PERCO mais bénéficie du cadre réglementaire du PER.

Caractéristiques du PERECO :

  • Adhésion volontaire du salarié (contrairement au PERO)
  • Financement par intéressement, participation, abondement, et versements volontaires du salarié
  • Sortie en capital, rente, ou mixte
  • Avantages fiscaux identiques au PERO

Le PERECO est souvent utilisé par les entreprises souhaitant offrir une épargne salariale flexible, sans obligation stricte. Pour en savoir plus sur le PERCO et ses transformations, consultez notre article sur le PERCO-I et les évolutions réglementaires.

Comparaison tableau : PERO vs PERECO

CritèrePEROPERECO

Adhésion

Obligatoire (pour catégorie définie)Volontaire

Abondement employeur

ObligatoireOptionnel

Financement

Abondement + versements volontairesIntéressement, participation, abondement, versements volontaires

Sortie

Rente ou capital au choixRente, capital, ou mixte

Portabilité

Oui, vers PERECO ou PER individuelOui, vers PERO ou PER individuel

Avantages fiscaux

Déduction IR + exonérations socialesDéduction IR + exonérations sociales

Fin du PERCO : historique et transition


Avant octobre 2020, les entreprises proposaient des PERCO (Plan d'Épargne pour la Retraite Collectif). Depuis cette date, aucun PERCO nouveau ne peut être créé : les entreprises doivent mettre en place un PER d'entreprise (PERO ou PERECO) à la place. Les PERCO existants restent actifs et les droits acquis conservent leur valeur : ils peuvent être portés vers un PER d'entreprise moderne.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Si votre entreprise dispose encore d'un PERCO (rare mais possible), vérifiez si elle a prévu une migration vers un PER. Pendant la transition, conservez bien vos justificatifs de cotisation : vous en aurez besoin pour porter vos droits.


 

Qui peut bénéficier d'un PER d'entreprise ?

Conditions d'accès et critères d'éligibilité

L'accès au PER d'entreprise dépend du type (PERO ou PERECO) et de la politique interne de votre entreprise.

Pour le PERO :
Tous les salariés de l'entreprise sont obligatoirement affiliés, sauf ceux expressément exclus par la convention collective ou l'accord d'entreprise. L'entreprise peut cependant restreindre l'accès à certaines catégories objectives : cadres vs non-cadres, contrat CDI vs CDD, etc. Cette catégorisation doit être transparent et non discriminatoire.

Pour le PERECO :
L'adhésion est volontaire. Vous pouvez refuser de vous affilier, même si votre employeur le propose. Cependant, si vous recevez une prime d'intéressement ou de participation, l'employeur peut vous imposer un débouché : soit le PER, soit l'assurance vie, soit une autre forme d'épargne agréée.

Critères courants :

  • Pas d'âge minimum (un jeune salarié peut bénéficier du PER dès l'embauche)
  • Pas d'âge maximum (un salarié senior peut y adhérer ou continuer à cotiser jusqu'à la retraite)
  • Ancienneté possible : l'entreprise peut exiger une ancienneté d'au moins 3 mois à 1 an avant d'accéder au PER (variable selon l'accord)

Ancienneté et modalités spéciales

L'ancienneté exigée pour accéder au PER ne peut pas excéder 3 mois selon la loi (pour le PERO) ou l'accord d'entreprise (pour le PERECO, souvent 1 an maximum). Pendant cette période d'attente, votre contrat peut préciser si vous commencez à recevoir l'abondement dès le jour 1 ou seulement après la période d'ancienneté.

Pour les salariés en CDD : les règles sont identiques, même si le contrat est temporaire. Vous pouvez contribuer et recevoir l'abondement.

Pour les salariés en télétravail ou à l'étranger : généralement éligibles, mais vérifiez auprès de votre RH, car la fiscalité peut différer selon le statut fiscal (salarié français vs expatrié).

Sources de financement et versements

Versements obligatoires et volontaires

Le PER d'entreprise se finance par plusieurs sources :

Abondement (contribution de l'employeur) :
C'est la contribution volontaire (ou obligatoire selon le PERO) versée par votre employeur sur votre compte PER. Souvent exprimée en pourcentage du salaire (2 à 10 %), elle représente de l'argent gratuit qu'il n'y a aucune raison de refuser. L'abondement n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu au moment du versement, ce qui constitue un avantage fiscal immédiat.

Versements volontaires du salarié :
Vous pouvez verser de votre propre argent sur votre PER, en complément de l'abondement. Ces versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable (dans certaines limites légales définies par l'accord d'entreprise ou selon la réglementation). C'est un levier fiscal puissant : un versement de 1 000 EUR peut réduire votre impôt sur le revenu de 300 EUR (selon votre taux marginal d'imposition).

Intéressement et participation

L'intéressement est une prime versée aux salariés en fonction des performances de l'entreprise (bénéfices, chiffre d'affaires, marges). Il peut être versé au salarié en liquidités ou être affecté au PER.

La participation est une prime obligatoire (pour les entreprises de plus de 50 salariés) calculée selon une formule légale, également versable en liquidités ou vers le PER.

Ces deux sources bénéficient d'avantages fiscaux et sociaux renforcés : soumis à CSG-CRDS seulement, non soumis à l'impôt sur le revenu.

Compte épargne temps et congés non pris

Certains accords d'entreprise permettent de verser le solde de compte épargne temps (CET) ou de jours de congés non pris vers le PER. C'est une façon de monétiser des droits qui partiraient sinon à la retraite et de les placer pour le long terme.

💡 Comparez systématiquement l'intérêt fiscal d'un versement volontaire PER versus un placement en assurance vie. Si votre taux marginal d'imposition est élevé (cadre, hauts revenus), le PER peut offrir une économie d'impôt supérieure, mais au coût d'un blocage jusqu'à la retraite. En assurance vie, vous restez libre. Échangez avec un conseiller Perlib pour chiffrer le arbitrage.

Avantages fiscaux et sociaux du PER d'entreprise

Déduction de l'impôt sur le revenu

Le grand avantage du PER d'entreprise est la déduction fiscale : les versements volontaires et l'abondement réduisent votre revenu imposable.

Exemple concret :

  • Revenu brut annuel : 50 000 EUR
  • Abondement employeur : 3 000 EUR (versé automatiquement au PER)
  • Versement volontaire du salarié : 2 000 EUR
  • Revenu net (après déduction PER) : 45 000 EUR (imposable à l'IR)

Résultat : vous avez économisé 1 500 EUR d'impôt sur le revenu (en supposant un taux marginal de 30 %), et vos 5 000 EUR ont été placés pour fructifier jusqu'à la retraite, sans diminution immédiate de pouvoir d'achat.

Attention : cette déduction est soumise à des limites légales définies par l'accord d'entreprise et le code du travail (généralement un % du salaire ou un montant fixe annuel). Vérifiez auprès de votre RH ou du prestataire PER.

Exonérations sociales et cotisations réduites

Contrairement à un salaire classique, les versements PER bénéficient d'exonérations sociales partielles :

  • L'abondement de l'employeur est exonéré de cotisations patronales (dans des limites légales)
  • Les versements volontaires du salarié ne subissent pas la cotisation salariale d'assurance maladie (dans des limites)
  • L'intéressement et la participation ne sont soumis qu'à la CSG-CRDS (8,2 %), non aux cotisations sociales classiques (23 % environ)

Exemple :
Un versement de 1 000 EUR en intéressement vers le PER représente une cotisation sociale minimale (CSG-CRDS seulement) comparé à 1 000 EUR de salaire supplémentaire (où les cotisations sociales seraient de 230 EUR).

Comparaison : PER d'entreprise vs épargne classique

AspectPER d'entrepriseAssurance vieCompte d'épargne classique

Déduction IR

Oui (versements)NonNon

Abondement employeur

Oui (possible)NonNon

Exonérations sociales

OuiNonNon

Impôt sur les plus-values

À la sortie (rente ou capital)Après 8 ans (privilégié)Selon le type (CEL, LDD...)

Liberté de retrait

Non (bloqué retraite)Oui (retrait libre)Selon le produit

Fiscalité sortie

IR + CSG-CRDSFavorable après 8 ansVariable

Résumé : Le PER d'entreprise est fiscalement plus avantageux à l'entrée (déduction, abondement, exonérations) et offre une meilleure épargne long terme. En revanche, il manque de flexibilité : votre argent est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas particuliers). Pour simuler votre économie fiscale, vous pouvez utiliser notre simulateur de rachat d'assurance vie pour comparer avec d'autres enveloppes.

Gestion de l'épargne : gestion pilotée vs gestion libre

Profils d'investissement automatiques (gestion pilotée)

La gestion pilotée (ou "target date" ou "profil de risque") signifie que le prestataire PER investit automatiquement votre argent selon votre profil d'âge et votre tolérance au risque. Aucun rendement n'est garanti.

Fonctionnement :

  • À 25 ans : profil "Dynamique" (80 % actions, 20 % obligations/fonds euros) = plus de risque, potentiel de rendement plus élevé long terme
  • À 45 ans : profil "Équilibré" (50 % actions, 50 % obligations) = arbitrage risque/rendement
  • À 60 ans : profil "Prudent" (30 % actions, 70 % fonds euros) = moins de volatilité avant le déblocage

La gestion pilotée se rééquilibre automatiquement chaque année, sans frais supplémentaires généralement.

Avantage : pas de connaissance en bourse requise ; repose sur une logique éprouvée (détendre progressivement la prise de risque en approchant la retraite).

Risque : vous n'avez aucun contrôle ; les performances dépendent de l'évolution des marchés financiers. Un krach boursier à 65 ans entraînera une perte immédiate de capital.

Choix des supports d'investissement (gestion libre)

La gestion libre vous permet de choisir vous-même les supports d'investissement proposés par le prestataire :

  • Fonds euros : contrats à capital garanti, rendement faible mais stable (1-3 % annuels actuellement)
  • Unités de compte (UC) : OPCVM, fonds, actions, ETF, obligataires, immobiliers = risque de perte en capital, mais potentiel de meilleur rendement long terme
  • SCPI : investissements en immobilier papier, rendement à moyen/long terme, illiquides (revente complexe)
  • Produits structurés : produits complexes, déconseillés si vous manquez d'expertise

En gestion libre, vous assumez 100 % du risque : une mauvaise sélection ou un marché défavorable peut éroder votre capital sans recours.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Sauf si vous avez une expertise financière confirmée, privilégiez la gestion pilotée. C'est simple, efficace, et vous évite les erreurs comportementales (panique lors des crises boursières, sur-investissement en actions juste avant une correction). Pour les versements volontaires importants, consultez un conseiller Perlib : il peut arbitrer entre gestion pilotée et gestion libre selon votre profil de risque et votre horizon d'épargne.

Optimiser ou transférer son PER d'entreprise

Optimiser ou transférer son PER d'entreprise

Plans peu performants, frais élevés, supports inadaptés : un PER d'entreprise peut être transféré vers un PER individuel plus flexible. Faites le point avec un conseiller Perlib.

Déblocage anticipé et cas exceptionnels

L'un des atouts majeurs du PER d'entreprise est la possibilité de débloquer anticipativement votre épargne en cas de situation spécifique, avant la retraite. Cependant, ces déblocages ne sont possibles que dans les cas énumérés par la loi : aucune flexibilité au-delà.

Déblocage pour acquisition ou construction de résidence principale

Vous pouvez retirer tout ou partie de votre épargne PER pour acheter ou construire votre résidence principale (maison, appartement où vous vivez). Cela inclut :

  • L'achat d'un bien immobilier existant
  • La construction de neuf
  • Les travaux de rénovation majeurs du bien principal

Le déblocage peut intervenir à tout moment après le versement initial. Aucune limite de montant n'existe légalement, mais le prestataire peut imposer des conditions administratives (délai de rétraction, accord écrit, etc.).

Fiscalité : le capital retiré est soumis à l'impôt sur le revenu et la CSG-CRDS. Pour comprendre les différentes options de déblocage d'un PER, consultez notre guide sur comment débloquer un PERP et les délais associés.

Déblocage pour agrandissement de la résidence principale

Si votre résidence principale est trop petite (enfant supplémentaire, besoin d'espace), vous pouvez débloquer pour agrandissement (extension, surélévation, annexe). Les mêmes conditions s'appliquent que pour l'acquisition.

Déblocage pour surendettement

Si vous êtes en situation de surendettement (dettes excessives, incapable de rembourser vos crédits), vous pouvez solliciter un déblocage du PER pour rembourser partiellement vos créanciers. Cette demande passe par une commission de surendettement et nécessite des justificatifs détaillés.

Déblocage en cas de maladie ou invalidité

Si vous êtes atteint d'une maladie grave (longue maladie, cancer, etc.) ou d'une invalidité (reconnaissance MDPH, pension d'invalidité), vous pouvez débloquer le PER pour financer des dépenses de santé ou d'adaptation du logement. Pour en savoir plus sur les situations d'invalidité et la retraite, consultez notre article sur la retraite avec une pension d'invalidité.

Autres cas de déblocage légaux

D'autres situations exceptionnelles permettent un déblocage :

  • Décès du conjoint : héritiers ou bénéficiaires peuvent demander un déblocage
  • Divorce : en cas de partage de patrimoine, le PER peut être déblocé partiellement
  • Dépendance : si vous devenez dépendant (perte d'autonomie), déblocage possible

Important : chaque déblocage anticipé entraîne une perte de l'avantage fiscal initial sur la partie débloquée et une imposition immédiate. Étudiez bien l'impact fiscal avant de demander un déblocage anticipé.

💡 Avant de débloquer, posez-vous la question : pouvez-vous financer ce besoin par un autre moyen (crédit immobilier, épargne personnelle, assurance vie) moins onéreux fiscalement ? Un déblocage PER pour un petit achat immobilier peut détruire plusieurs milliers d'euros d'avantages fiscaux. Consultez un conseiller Perlib pour chiffrer l'impact.

Sortie de l'épargne à la retraite

À la retraite, vous avez atteint l'âge légal de départ (62-64 ans selon votre année de naissance). Vous avez alors accès à votre épargne PER. Trois modalités de sortie existent.

Versement en rente viagère

La rente viagère est un versement régulier (mensuel, trimestriel ou annuel) versé par l'assureur jusqu'à votre décès. Une fois activée, la rente est incessible et irréversible : vous ne pouvez plus revenir en arrière.

Avantages :

  • Revenus garantis à vie (aucun risque de vieillissement patrimonial)
  • Fiscalité étalée : seule la part "revenus" de la rente est imposée, le capital est exonéré
  • Sécurité psychologique (revenu stable)

Inconvénients :

  • Perte de flexibilité : pas de capital à léguer aux héritiers (ou très peu, selon le type de rente)
  • Rendement parfois faible en période de taux bas
  • Engagement irrévocable

Exemple : 100 000 EUR en rente à 65 ans = 3 500 à 5 000 EUR/an selon les taux d'intérêt et l'assureur. Pas de garantie. Pour simuler votre rente potentielle, utilisez notre simulateur de rente PER.

Sortie en capital

Vous récupérez le capital accumulé d'un coup, ou par prélèvements progressifs (retrait programmé).

Versement intégral :

  • Vous recevez tout votre épargne immédiatement
  • Vous en disposez librement
  • Imposition immédiate au barème de l'IR + CSG-CRDS

Retrait programmé :

  • Vous décidez du montant à retirer chaque année/mois
  • Meilleure gestion fiscale (échelonnement dans le temps)
  • Capital restant continues à fructifier en PER

Avantages :

  • Liberté totale sur l'utilisation des fonds
  • Possibilité de léguer le capital aux héritiers
  • Gestion flexible selon vos besoins

Inconvénients :

  • Risque de dépenser trop vite et de manquer d'argent après
  • Marché baissier peut réduire le capital disponible
  • Pas de sécurité de revenu régulier

Combinaison rente + capital

Beaucoup de retraités optent pour un arbitrage :

  • Une partie en rente viagère (pour sécuriser une part des revenus)
  • Une partie en capital (pour conserver de la flexibilité et léguer)

Exemple : 60 % en rente (3 000 EUR/an régulier) + 40 % en capital (40 000 EUR retraits progressifs).

Conseil : le choix dépend de votre situation patrimoniale, de votre espérance de vie, de vos héritiers et de vos besoins de revenu. Consultez un conseiller Perlib pour simuler les scénarios et discuter de vos objectifs de transmission. Vous pouvez aussi consulter notre article sur comment clôturer un PER pour bien préparer votre transition.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Ne décidez pas précipitamment à la retraite. Vous avez souvent plusieurs années pour choisir la sortie du PER. En attendant, l'épargne continue de fructifier (sans garantie). Utilisez ce délai pour anticiper vos besoins futurs et discuter avec votre conjoint et vos enfants de la transmission. Un bilan patrimonial avec Perlib clarifiera cette décision.


 

Transfert et portabilité du PER

Portabilité lors d'un changement d'emploi

Si vous changez d'emploi, votre PER d'entreprise ne disparaît pas : il reste votre propriété. Vous avez plusieurs options :

  1. Transférer vers le PER de la nouvelle entreprise (si elle en propose un PERO ou PERECO compatible)
  2. Convertir en PER individuel (PER-I) auprès d'un prestataire de votre choix (banque, assureur, cabinet de gestion)
  3. Laisser dormir votre ancien PER (rarement conseillé, car pas de nouvel abondement)

Le transfert est gratuit réglementairement, mais certains prestataires peuvent facturer des frais. Vérifiez les conditions avant de changer. Pour explorer les différentes options de transfert et les PER disponibles, consultez notre comparatif des meilleures solutions PER.

Transfert depuis un PERP, Madelin ou article 83

Si vous aviez souscrit avant 2020 à des contrats anciens (PERP pour salarié, Madelin pour indépendant, article 83 pour salarié cadre), vous pouvez transférer vos droits acquis vers un PER d'entreprise (PERO, PERECO) ou un PER individuel. Pour bien comprendre ces transformations, consultez notre guide sur comment calculer la rente d'un PERP.

Avantages du transfert :

  • Un seul contrat PER au lieu de plusieurs (simplification administrative)
  • Potentiellement de meilleurs taux et moins de frais de gestion (PER plus moderne)
  • Harmonisation fiscale

Attention : le transfert d'un PERP ou article 83 est irrévocable. Une fois transféré, vous ne pouvez pas revenir en arrière. Vérifiez bien que le nouveau contrat PER offre des conditions au moins aussi avantageuses.

Droits transférables vs droits propres

Deux catégories de droits coexistent dans un PER :

  • Droits transférables : épargne constituée par l'abondement de l'employeur, intéressement, participation. Ils vous appartiennent et partent avec vous en cas de changement d'emploi.
  • Droits propres : épargne constituée par vos versements volontaires. Ils vous appartiennent aussi mais peuvent être soumis à conditions de transfert selon l'accord d'entreprise (délai de déblocage, frais, etc.).

En pratique, les deux suivent le salarié : aucune perte de droits lors du changement d'emploi.

PER d'entreprise en cas de décès

Bénéficiaires et droits patrimoniaux

Si vous décédez avant la retraite (avant d'avoir commencé à débloquer votre PER), l'épargne PER ne disparaît pas : elle intègre votre succession.

Bénéficiaires :

  • Par défaut, vos héritiers légaux (conjoint, enfants, parents selon le droit successoral)
  • Vous pouvez aussi désigner des bénéficiaires spécifiques au contrat PER (ex: un enfant, un tiers) via une clause du contrat PER

Droits patrimoniaux :

  • L'épargne PER est fiscalisée : imposée au barème successoral classique (droits de succession)
  • Pas de fiscalité PER réduite (contrairement à la sortie en rente, où seuls les revenus sont imposés)
  • L'assurance vie offre souvent une meilleure transmission (régime fiscal plus favorable). Pour découvrir les avantages successoraux de l'assurance vie, consultez notre article sur les droits de succession avec une assurance vie.

Exemple : 100 000 EUR en PER au décès de l'adhérent. Les héritiers paient des droits de succession (60 % si enfants, 20 % si conjoint, selon barème), soit 30 000 à 60 000 EUR de droits.

Versement aux héritiers

Le prestataire PER contactera vos ayants droit pour organiser le versement :

  • Remise de l'épargne en capital (retrait complet immédiat)
  • Éventuellement un retrait programmé si le contrat le permet

Délai : généralement quelques semaines après transmission de l'acte de décès et acte successoral.

💡 Si vous avez un patrimoine important à transmettre, préférez l'assurance vie au PER : le régime fiscal successoral est bien plus avantageux pour vos héritiers. Utilisez le PER pour l'épargne retraite complémentaire (abondement de l'employeur, déduction fiscale), et l'assurance vie pour la transmission patrimoniale. Un bilan complet avec Perlib vous permettra d'optimiser cette répartition.



 

Optimiser ou transférer son PER d'entreprise

Optimiser ou transférer son PER d'entreprise

Plans peu performants, frais élevés, supports inadaptés : un PER d'entreprise peut être transféré vers un PER individuel plus flexible. Faites le point avec un conseiller Perlib.

FAQ : Plan d'épargne retraite d'entreprise

Aucun âge minimum n'est fixé par la loi. Vous pouvez accéder au PER dès votre embauche, même très jeune. Seule une ancienneté peut être demandée (jusqu'à 3 mois pour le PERO, 1 an pour le PERECO selon l'accord d'entreprise). Plus vous versez tôt, plus votre épargne a du temps pour se capitaliser.

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