
En bref
- Un PER « bancaire » au sens strict est un compte titres dédié à la retraite, mais la plupart des PER vendus en agence sont des contrats d'assurance de la filiale du groupe.
- Selon le CCSF, les frais sur versements des PER assurantiels vont de 0 % à 5 %, pour une moyenne de 3,18 %.
- Vos versements volontaires restent déductibles en 2026 dans la limite de 37 680 €, quel que soit le circuit choisi.
- Souscrire un PER prend généralement moins d'une heure : pièces justificatives, questionnaire de profil, choix de gestion et premier versement.
- Un PER peut être transféré vers un autre PER, gratuitement après cinq ans de détention, sinon avec au plus 1 % de frais.
Ouvrir un PER banque, c'est-à-dire chez le conseiller qui gère déjà vos comptes, semble la solution la plus simple pour préparer sa retraite. Votre banquier connaît vos revenus, le rendez-vous est rapide et le prélèvement se met en place en quelques minutes. Pourtant, ce plan d'épargne retraite vous accompagnera vingt ou trente ans, et ses frais pèseront chaque année. Voici ce que recouvre réellement l'offre de votre banque, comment elle se situe face aux autres circuits et quelles étapes suivre pour souscrire.
Qu'appelle-t-on un PER « banque » ?
L'expression recouvre deux réalités différentes, que l'on confond souvent. Le plan d'épargne retraite individuel, créé par la loi Pacte de 2019, existe sous deux formes juridiques. Le circuit qui vous le vend, une banque ou un assureur, ne dit pas forcément laquelle vous détenez.
Le PER bancaire : un compte titres dédié à la retraite
Le PER bancaire, aussi appelé PER d'investissement, prend la forme d'un compte titres ouvert auprès d'une banque ou d'une entreprise d'investissement agréée. Vous y détenez directement des parts de fonds, des actions ou des obligations. Il ne comporte pas de fonds en euros, ce support à capital garanti propre aux contrats d'assurance.
Cette forme reste minoritaire : l'étude du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) portait sur 34 PER assurance pour 2 PER compte titres. Notre comparatif PER compte titre ou PER assurance détaille le fonctionnement de chaque formule.
Le PER de votre banque : le plus souvent un contrat d'assurance
Dans la majorité des cas, le PER proposé en agence est un PER assurantiel. Juridiquement, vous adhérez à un contrat d'assurance de groupe, assuré par la compagnie d'assurance du groupe bancaire ou par un assureur partenaire. La banque agit comme distributeur : c'est le modèle de la bancassurance.
Ce PER fonctionne comme une assurance vie dédiée à la retraite, avec un horizon de long terme. Il combine un fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur hors frais, et des unités de compte, supports investis sur les marchés. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital : leur valeur évolue à la hausse comme à la baisse, selon les marchés financiers.
Ce qui change entre les deux formes
Les règles de déduction, les plafonds et les cas de déblocage sont identiques. Les différences portent sur trois points :
- la sécurité : seul le PER assurantiel donne accès à un fonds en euros ;
- la transmission : en cas de décès, un PER bancaire entre dans la succession, alors qu'un PER assurantiel bénéficie de la fiscalité de l'assurance vie ;
- la garantie en cas de défaillance de l'organisme, assurée par deux fonds distincts (voir notre FAQ).
Ces règles figurent sur la fiche Plan d'épargne retraite de service-public.fr, vérifiée en octobre 2026.

Votre banque vous propose un PER ?
Un conseiller Perlib vous aide à lire sa notice et son type de contrat.
Que proposent généralement les réseaux bancaires ?
Chaque réseau a sa propre offre, et nos fiches consacrées aux PER de La Banque Postale, de la Banque Populaire, du Crédit Agricole ou de la Caisse d'Épargne en détaillent les caractéristiques. Certains traits reviennent toutefois d'un contrat à l'autre.
Des frais d'entrée prélevés sur chaque versement
La plupart des PER distribués en agence prélèvent des frais sur versements, appelés aussi frais d'entrée. D'après le rapport du CCSF sur les frais des PER, publié en 2021, ces frais vont de 0 % à 5 % selon les contrats, avec une moyenne de 3,18 %. Certains réseaux appliquent un taux réduit sur les versements programmés, ce qui récompense l'épargne régulière.
Concrètement, avec un taux de 3 %, un versement de 4 000 € n'investit que 3 880 €. Ce taux se négocie parfois, surtout pour un montant important ou un transfert.
Des frais de gestion qui s'additionnent
Chaque année, l'assureur prélève des frais de gestion sur l'encours du contrat. Le CCSF relève des taux de 0,60 % à 2 % sur le fonds en euros (0,87 % en moyenne) et de 0,50 % à 1 % sur les unités de compte (0,85 % en moyenne).
S'y ajoutent les coûts propres à chaque support, prélevés par la société de gestion : 1,90 % par an en moyenne pour les fonds actions dans l'étude. Le comité estime ainsi que le total approche 3 % par an sur des UC actions, hors coûts de versement et d'arbitrage. Notre analyse des frais de gestion d'un PER aide à situer votre contrat.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Mesurez l'effet des frais sur la durée avant de choisir. Pour 200 € versés chaque mois pendant 25 ans, une performance nette de 4 % par an donne environ 99 950 €, contre 87 500 € à 3 %. Un point de frais annuel en plus coûte donc près de 12 500 € dans cette hypothèse, qui ne préjuge pas des performances futures.
Une sélection de supports souvent centrée sur le groupe
Les PER de réseau référencent souvent une majorité de supports gérés par la société de gestion du groupe. Leur nombre varie de 9 à près de 1 200 unités de compte selon les contrats étudiés par le CCSF. Les ETF, les SCPI ou le capital investissement y sont parfois absents.
Cette concentration n'est pas un défaut en soi, mais elle réduit la diversification possible et crée un conflit d'intérêts potentiel, que les banques signalent dans leur documentation.
La gestion pilotée à horizon retraite, proposée par défaut
Comme tout PER, le contrat de votre banque applique par défaut une gestion pilotée à horizon retraite. L'épargne est d'abord investie sur des supports dynamiques, puis sécurisée progressivement à l'approche du départ à la retraite. Sauf choix contraire, c'est le profil « équilibré horizon retraite » qui s'applique.
Vous pouvez choisir un autre profil ou la gestion libre. Notre guide sur la gestion pilotée explique chaque formule.
Banque, assureur ou courtier : où souscrire un PER ?
Quatre circuits permettent de souscrire un PER individuel. Ils diffèrent moins par la fiscalité, identique partout, que par les frais, l'étendue du catalogue et le niveau d'accompagnement.
| Circuit | Type de PER le plus fréquent | Frais sur versements | Choix de supports | Accompagnement |
| Banque de réseau | PER assurantiel de la filiale d'assurance, plus rarement PER compte titres | Souvent appliqués, jusqu'à 5 % | Surtout des fonds du groupe | Conseiller en agence |
| Banque en ligne | PER assurantiel distribué en ligne | Généralement réduits ou nuls | Plus large, ETF fréquents | Parcours digital, conseiller à distance |
| Assureur ou mutuelle | PER assurantiel en direct | Variables selon le contrat | Variable | Agent général ou conseiller salarié |
| Courtier ou CGP en ligne | PER assurantiels de plusieurs assureurs | Souvent nuls sur les contrats en ligne | Large : ETF, SCPI, fonds thématiques | Conseil plus ou moins personnalisé |
Fourchettes indicatives : seule la notice et l'annexe financière du contrat font foi.
La banque de réseau : la proximité avant tout
Son atout est la relation existante : votre conseiller connaît votre situation et vous reçoit en agence. En contrepartie, le catalogue se limite aux contrats du groupe et les frais d'entrée y sont fréquents.
La banque en ligne : des frais souvent plus bas
Les banques en ligne distribuent généralement des PER assurantiels conçus pour un parcours 100 % digital, avec des frais d'entrée réduits ou nuls. Notre fiche sur le PER Boursorama en donne un exemple. L'accompagnement y est plus léger.
L'assureur ou la mutuelle : un contrat en direct
Compagnies d'assurance et mutuelles commercialisent leurs propres PER via leurs agents ou conseillers. Les conditions varient beaucoup : comparez la qualité du fonds en euros et le coût des arrérages en cas de sortie en rente.
Le courtier ou le CGP en ligne : le choix entre plusieurs contrats
Un courtier ou un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) sélectionne des contrats chez plusieurs assureurs. Les offres en ligne affichent souvent 0 % de frais sur versements et un catalogue étendu. Vérifiez son immatriculation sur le registre de l'ORIAS et la nature du conseil apporté. Notre article pour souscrire un PER en ligne revient sur ce parcours.

Banque, assureur ou courtier : quel circuit pour vous ?
Un expert Perlib compare les offres selon vos frais, vos supports et vos attentes.
Comment choisir entre le PER de sa banque et une autre offre ?
Le bon PER n'est pas forcément celui de votre banque, ni le moins cher sur le papier. Il dépend de votre situation, de votre horizon de placement (la durée qui vous sépare de la retraite) et de votre besoin d'accompagnement. Nos 5 critères pour bien choisir son PER complètent la grille suivante.
Le total des frais, pas seulement les frais d'entrée
Additionnez les coûts à l'entrée, la gestion du contrat et celle des supports. Depuis la loi industrie verte de 2023, les assureurs publient chaque année sur leur site le taux moyen des frais prélevés et le rendement net de leurs contrats, ce qui facilite la comparaison.
Votre besoin de sécurité
Si vous souhaitez sécuriser une partie de votre épargne retraite, notamment à l'approche du départ, le PER assurantiel et son fonds en euros s'imposent. Le PER compte titres permet de sécuriser via des fonds monétaires ou obligataires, sans garantie en capital.
L'étendue du catalogue et les modes de gestion
Une poignée de supports maison limite la diversification. Vérifiez la présence de gestion libre, de plusieurs profils pilotés et le coût des arbitrages.
La transmission en cas de décès
Sur un PER assurantiel, les sommes transmises bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire si le décès intervient avant 70 ans. Au-delà, un abattement global de 30 500 € s'applique avant les droits de succession. C'est l'âge au décès qui compte, et non la date des versements. Sur un PER bancaire, l'épargne rejoint l'actif successoral.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Demandez à votre banque le document d'informations clés du contrat et l'annexe financière avant tout rendez-vous de signature. Comparez ensuite trois chiffres : les frais sur versements, les frais de gestion annuels du contrat et les frais courants des fonds proposés. Un écart d'un point par an pèse plus lourd sur 25 ans qu'une différence de service.
La qualité du conseil dans la durée
Un plan épargne retraite se gère sur le long terme : changement de profil, transferts, choix entre rente et capital au moment de la retraite. Bénéficier d'un interlocuteur qui fait le point avec vous au fil du temps a donc une vraie valeur. Notre comparatif des plans d'épargne retraite vous donne des repères complémentaires.

Choisir un PER adapté à votre horizon
Nos conseillers analysent frais, supports et transmission avant toute souscription.
Comment souscrire un PER étape par étape ?
La démarche est la même quel que soit le circuit. Le PER individuel est ouvert à toute personne majeure : salariés, travailleurs indépendants ou personnes sans emploi. Depuis le 1er janvier 2024, il n'est plus possible d'en ouvrir un au nom d'un enfant mineur.
Étape 1 : vérifier votre plafond de déduction
Avant de choisir un montant, consultez votre avis d'impôt sur le revenu : il indique le plafond épargne retraite disponible. Pour les versements 2026, il correspond à 10 % de vos revenus d'activité 2025, plafonné à 37 680 €, avec un minimum de 4 710 €. Les plafonds non utilisés se reportent désormais sur cinq ans et peuvent être mutualisés entre conjoints.
Pour un contribuable imposé dans la tranche marginale à 30 %, un versement de 4 000 € réduit l'impôt de 1 200 €. Attention : depuis le 1er janvier 2026, les sommes versées après 70 ans ne sont plus déductibles. Notre article sur le montant maximum d'un PER en 2026 détaille le calcul.
Étape 2 : réunir les pièces justificatives
Le distributeur doit vérifier votre identité et l'origine des fonds. Préparez en général :
- une pièce d'identité en cours de validité ;
- un justificatif de domicile récent ;
- un relevé d'identité bancaire (RIB) pour les prélèvements ;
- un justificatif d'origine des fonds pour un versement important.
Étape 3 : remplir le questionnaire de profil
Avant toute souscription, le distributeur recueille vos objectifs, votre situation financière, vos connaissances en placements et votre tolérance au risque. Ce questionnaire conditionne le profil de gestion proposé et engage la responsabilité du conseiller. Répondez avec précision, en vous aidant de notre guide sur le profil de risque investisseur.
Étape 4 : choisir la gestion et désigner vos bénéficiaires
Vous choisissez ensuite entre la gestion pilotée à horizon retraite, proposée par défaut, et la gestion libre. Sur un PER assurantiel, vous rédigez aussi la clause bénéficiaire, qui désigne les personnes qui recevront l'épargne en cas de décès.
Étape 5 : effectuer le premier versement
Le montant initial minimum va de 50 € à 5 000 € selon les contrats analysés par le CCSF, pour une moyenne proche de 700 €. Des versements programmés, souvent dès quelques dizaines d'euros, peuvent ensuite prendre le relais. Pour chaque versement volontaire, vous pouvez renoncer à la déduction si votre imposition actuelle est faible.
Étape 6 : connaître votre délai de renonciation
Sur un PER assurantiel, vous disposez de 30 jours calendaires pour renoncer au contrat, à compter du moment où vous êtes informé de sa conclusion. Ce droit, prévu par l'article L132-5-1 du Code des assurances, s'exerce par lettre recommandée et entraîne le remboursement des sommes versées.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Préférez des versements programmés à un versement unique de fin d'année. Vous lissez votre point d'entrée sur les marchés et, dans certains réseaux, les frais sur versements programmés sont réduits. Gardez toutefois une épargne de précaution disponible : les sommes versées sur un PER restent bloquées jusqu'à la retraite, sauf cas prévus par la loi.
Ces cas de déblocage anticipé couvrent notamment l'achat de la résidence principale, l'invalidité, le décès du conjoint, le surendettement, la fin des droits au chômage ou la cessation d'activité après liquidation judiciaire.

Prêt à ouvrir votre PER ?
Un conseiller Perlib vous accompagne du questionnaire au premier versement.
Peut-on transférer un PER ouvert dans sa banque ?
Oui. La loi permet de transférer votre épargne vers tout autre PER, y compris d'une forme à l'autre.
Des frais de transfert plafonnés
Le transfert est gratuit si le plan est détenu depuis au moins cinq ans. Avant ce délai, les frais ne peuvent dépasser 1 % de l'épargne accumulée. Pour les anciens contrats de type PERP ou Madelin détenus depuis moins de dix ans, ce plafond monte à 5 %.
L'ancien gestionnaire dispose de deux mois après réception du dossier complet pour transmettre les informations au nouveau. En cas de retard, le médiateur de l'Autorité des marchés financiers (AMF) peut être saisi.
Du PER compte titres vers un PER assurantiel
Ce transfert est possible. Les titres sont en principe cédés et leur valeur transférée en numéraire : un transfert réalisé après une baisse des marchés fige la moins-value.
Les démarches
Vous ouvrez d'abord le nouveau PER, puis vous signez une demande de transfert que le nouvel organisme transmet à l'ancien. L'historique fiscal de vos versements, déduits ou non, est conservé. Notre guide pour transférer son épargne retraite détaille chaque étape et les pièges à éviter.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Avant de transférer un PER de banque ouvert depuis moins de cinq ans, comparez le coût de sortie au gain attendu. Sur un encours de 20 000 €, 1 % représente 200 €. Si votre nouveau contrat économise 0,8 point par an, ce coût est amorti en un peu plus d'un an.
Le transfert sert aussi à regrouper plusieurs plans, y compris d'anciens produits d'épargne retraite comme le PERP ou le contrat Madelin, ou un PER d'entreprise collectif ou obligatoire après votre départ de l'entreprise.

Transférer votre PER bancaire ?
Un expert Perlib évalue frais de sortie, calendrier et contrat d'accueil.
Ouvrir un PER dans sa banque : est-ce une bonne idée ?
Il n'existe pas de réponse unique. Le PER de votre banque peut convenir si vous privilégiez un conseiller connu, si vous obtenez des conditions négociées sur l'entrée ou si le contrat associe un fonds en euros solide à une gestion pilotée raisonnable. D'autres circuits méritent d'être étudiés si le catalogue se limite à quelques supports maison ou si vous souhaitez investir en ETF ou en SCPI.
Dans tous les cas, les règles restent communes à tous les PER : épargne indisponible jusqu'à la retraite, risque de perte en capital sur les unités de compte et imposition à la sortie. L'épargne se récupère en capital, en rente viagère ou en combinant les deux. En sortie en capital, la part issue des versements déduits est soumise au barème de l'impôt sur le revenu, et les gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026. Notre guide de la fiscalité du PER à la sortie compare ces options.
Les avantages fiscaux peuvent être remis en cause par le législateur. Ils ne doivent pas constituer l'unique motivation d'un investissement.

Combien pourriez-vous déduire cette année ?
Estimez l'économie d'impôt liée à vos versements sur un PER.
Votre situation patrimoniale est unique : cet article informe, il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Un bilan patrimonial permet de vérifier si le PER de votre banque, ou une autre offre, correspond à vos objectifs et à votre fiscalité.
FAQ : PER banque
C'est souvent le cas : de nombreux réseaux bancaires réservent leur PER aux titulaires d'un compte courant, qui sert aux prélèvements. Les courtiers, les assureurs et les plateformes en ligne permettent en revanche de souscrire sans changer de banque.
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