
En bref
- Les versements sur un PERP restent déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de 37 680 € pour 2026.
- Le PERP se dénoue en principe en rente viagère, imposée comme une pension de retraite.
- Une sortie en capital est possible à hauteur de 20 %, et en totalité si la rente mensuelle ne dépasse pas 110 €.
- Un prélèvement libératoire de 7,5 % peut remplacer le barème progressif sur le capital, sous conditions.
- Le PERP n'est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, mais vous pouvez le conserver, l'alimenter ou le transférer.
Vous détenez un plan d'épargne retraite populaire ouvert avant 2020 et vous vous demandez ce qu'il vous coûtera vraiment à la retraite. La question est légitime : la fiscalité du PERP se joue en deux temps, à l'entrée avec la déduction des versements, puis à la sortie avec l'imposition de la rente ou du capital. Voici les règles applicables en 2026, et ce qui change si vous transférez votre PERP vers un autre produit d'épargne retraite.
Le PERP en 2026 : un contrat fermé mais toujours actif
Le plan d'épargne retraite populaire est un contrat d'assurance créé en 2003 pour permettre à chacun de se constituer un complément de revenu. Depuis le 1er octobre 2020, il n'est plus commercialisé, remplacé par le plan d'épargne retraite issu de la loi Pacte. Notre guide du PERP et de son successeur le PER retrace ce basculement.
Fermé ne veut pas dire inactif. Si vous détenez un PERP, trois possibilités s'offrent à vous :
- garder le contrat tel quel et attendre la retraite ;
- continuer à l'alimenter, avec le même avantage fiscal sur les versements ;
- le transférer vers un plan d'épargne retraite plus souple.
Le PERP bénéficie donc toujours d'un régime fiscal propre, distinct de celui du PER sur plusieurs points décisifs.
Le régime fiscal du plan d'épargne retraite populaire n'a pas disparu avec l'arrêt de sa commercialisation. Il reste régi par l'article 163 quatervicies du code général des impôts pour la déduction des cotisations.
La fiscalité des versements sur un PERP
Une déduction du revenu imposable
L'avantage fiscal du PERP joue à l'entrée. Les sommes versées une année donnée sortent de votre revenu imposable de la même année, ce qui réduit votre impôt sur le revenu.
L'économie dépend de votre tranche marginale d'imposition. Un versement de 3 000 € allège l'impôt de 900 € pour un foyer imposé à 30 %, et de 1 230 € dans la tranche à 41 %.
Ce mécanisme est le même que sur un plan d'épargne retraite : ce sont des cotisations déductibles du revenu imposable, et non une réduction d'impôt. Le PERP agit sur l'assiette, pas sur l'impôt lui-même.
Le plafond de déduction pour 2026
La déduction est encadrée par un plafond individuel commun à tous les produits d'épargne retraite. Pour les sommes versées en 2026, il correspond au plus élevé des deux montants suivants :
- 10 % de vos revenus d'activité nets de 2025, dans la limite de 37 680 € ;
- ou 4 710 € si ce second montant vous est plus favorable.
Ces bornes découlent du plafond annuel de la Sécurité sociale de 2025 (47 100€), qui sert de référence pour les revenus 2026. Le PASS 2026 (48 060 €) s'appliquera au calcul du plafond de déduction pour les versements réalisés en 2027. Votre plafond disponible figure sur votre avis d'imposition, reliquat des trois années précédentes compris, et se mutualise entre conjoints sur option.

Mesurer ce que la déduction vous rapporte
Tout dépend de votre tranche d'imposition : vérifiez la vôtre.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Le plafond d'épargne retraite est commun à tous vos contrats. Si vous alimentez à la fois un PERP et un PER, la même enveloppe se partage entre les deux. Vérifiez le plafond disponible sur votre avis d'imposition avant de programmer un versement de fin d'année.
La fiscalité à la sortie du PERP
La sortie en rente, principe par défaut du PERP
Au moment de la retraite, le PERP se dénoue en principe sous forme de rente viagère. Cette rente est imposée chaque année à l'impôt sur le revenu, selon les règles applicables aux pensions et retraites.
Concrètement, elle s'ajoute à vos revenus de la catégorie des pensions, où l'administration applique un abattement de 10 %. Les prélèvements sociaux s'appliquent en complément.
C'est la contrepartie logique de la déduction obtenue à l'entrée : ce qui n'a pas été imposé pendant la phase d'épargne l'est au moment du versement des rentes.
Trois éléments déterminent le montant réellement perçu chaque année :
- le capital constitué sur le PERP au terme de la phase d'épargne ;
- le taux de conversion prévu par votre contrat d'assurance ;
- votre âge au premier versement, qui commande l'espérance de service de la rente.
La sortie en capital à hauteur de 20 %
Si votre contrat le prévoit, vous pouvez demander qu'une partie de l'épargne soit versée en capital : 20 % au maximum, le solde restant servi en rente viagère.
Ce capital est en principe imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu, après l'abattement de 10 % applicable aux pensions. La fiscalité de sortie d'un PER obéit à des règles différentes.
La sortie totale en capital pour les petites rentes
Lorsque la rente mensuelle n'excède pas 110 €, l'assureur peut, avec votre accord, verser la totalité de l'épargne en capital. Cette option est ouverte au moment du déblocage comme en cours de service de la rente.
L'option pour le prélèvement libératoire de 7,5 %
Vous pouvez remplacer le barème progressif par un prélèvement libératoire de 7,5 %, calculé après l'abattement de 10 %. Deux conditions doivent être réunies : le capital doit être versé en une seule fois, et vos versements doivent avoir été réguliers pendant la phase d'épargne.
| Mode de dénouement du PERP | Imposition à la sortie |
| Rente viagère | Barème de l'impôt, catégorie des pensions, après abattement de 10 % |
| Capital à hauteur de 20 % | Barème progressif, ou prélèvement de 7,5 % sur option |
| Capital total, rente inférieure à 110 € par mois | Barème progressif, ou prélèvement de 7,5 % sur option |
| Déblocage anticipé exceptionnel | Exonéré d'impôt sur le revenu |

Comparer barème progressif et prélèvement de 7,5 %
Nous simulons les deux hypothèses sur votre situation.
PERP, Madelin, Perco : trois anciens produits, trois régimes
Le PERP n'est pas le seul contrat d'épargne retraite fermé depuis 2020. Le Madelin, réservé aux indépendants, et le Perco, mis en place dans l'entreprise, obéissent à leurs propres règles fiscales.
- Le PERP relève des cotisations déductibles du revenu imposable, avec une sortie en rente de principe.
- Le contrat Madelin suit une logique proche, avec un plafond calculé sur le bénéfice professionnel : voir notre guide du transfert Madelin vers PER.
- Le Perco, alimenté par l'épargne salariale, se dénoue en capital exonéré d'impôt, et son transfert vers un PER répond à ses propres conditions.
Comparer ces régimes est utile avant tout regroupement, car un transfert fait basculer votre épargne dans le cadre fiscal du contrat d'accueil. Notre guide du Perco et notre comparatif PER, PERP ou Madelin précisent ces différences.
Le cas particulier de la première résidence principale
Le versement en capital est également autorisé pour financer l'achat ou la construction d'une première résidence principale, à compter de l'obtention de votre pension ou de l'âge de la retraite.
Une condition s'ajoute : ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant le déblocage du PERP. Ce cas de sortie reste rare, mais il peut débloquer un projet immobilier au moment du départ à la retraite.
Le déblocage anticipé et sa fiscalité
Avant la retraite, l'épargne placée sur un PERP est bloquée. La loi prévoit toutefois des cas de déblocage anticipé :
- l'invalidité de deuxième ou troisième catégorie ;
- le décès de l'époux ou du partenaire de Pacs ;
- le surendettement, sur demande de la commission ;
- l'expiration des droits à l'assurance chômage ;
- la cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire ;
- les contrats de faible encours, inférieurs à 2 000 €, sous conditions de revenus.
Le capital versé dans ces situations est exonéré d'impôt sur le revenu, comme le précise service-public.fr. La demande doit intervenir dans les deux ans suivant la connaissance de l'événement.

Faire le point sur votre ancien contrat
Conserver, alimenter ou transférer : nous chiffrons les trois options.
Que se passe-t-il en cas de décès ?
Si vous décédez avant ou pendant le service de la rente, les sommes acquises peuvent être reversées sous forme de rente viagère à votre époux, à votre partenaire de Pacs ou au bénéficiaire désigné au contrat.
En l'absence de bénéficiaire désigné, l'épargne est liquidée sous forme de rente éducation au profit de vos enfants mineurs. La rédaction de la clause bénéficiaire mérite donc d'être vérifiée, au même titre que sur un contrat d'assurance-vie.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Un PERP ne se transmet pas comme une assurance-vie : sans bénéficiaire désigné, l'épargne part en rente éducation et non en capital à vos héritiers. Relisez votre clause bénéficiaire, surtout si votre situation familiale a changé depuis la souscription.
Faut-il transférer son PERP vers un PER ?
Ce que le transfert change fiscalement
Le transfert d'un PERP vers un plan d'épargne retraite n'est pas un dénouement : il n'entraîne aucune imposition. Les sommes transférées conservent leur nature et rejoignent le compartiment des versements volontaires.
Le fonctionnement du PER explique cet écart. L'intérêt principal est la souplesse à la sortie. Là où le PERP impose la rente, sauf exceptions, le PER autorise une sortie en capital libre, totale ou fractionnée.
Les questions à poser avant de transférer
Avant d'engager le transfert de votre PERP, passez en revue les points suivants :
- l'ancienneté du contrat et le montant des frais de transfert applicables ;
- le taux de conversion en rente garanti par votre PERP d'origine ;
- la qualité des fonds et supports du nouveau plan d'épargne retraite ;
- votre horizon de départ, un transfert à moins de deux ans de la retraite ayant peu d'effet ;
- l'impact sur votre stratégie globale de préparation de la retraite.
Ce que vous pouvez perdre
Le transfert n'est pas neutre pour autant. Trois points méritent un examen avant de décider :
- les frais de transfert, qui peuvent atteindre 5 % de l'épargne si le contrat a moins de dix ans ;
- les garanties du contrat d'origine, notamment le taux de conversion en rente ;
- la gestion et les supports disponibles sur le nouveau contrat, ainsi que ses frais annuels.
Nos guides sur le déblocage d'un PERP, sur le retrait d'un PERP et sur le choix entre PER, PERP et Madelin détaillent ces arbitrages.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Ne transférez pas un PERP pour la seule liberté de sortie en capital. Regardez d'abord le taux de conversion en rente garanti par votre ancien contrat : certains PERP souscrits avant 2010 offrent des tables de mortalité bien plus favorables que celles proposées aujourd'hui.
Votre situation patrimoniale est unique. Cet article présente le cadre fiscal applicable, il ne constitue pas un conseil personnalisé : un bilan patrimonial permet de trancher entre conservation, alimentation et transfert de votre PERP.
FAQ : la fiscalité du PERP en questions
Oui. Le PERP n'est plus commercialisé mais reste alimentable, et les sommes versées restent déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond d'épargne retraite, commun à l'ensemble de vos contrats de retraite.
Nos meilleurs articles sur le PER


