
En bref
- La fiscalité de sortie dépend de l'origine des sommes, de votre choix à l'entrée et du mode de récupération retenu.
- Sur les versements déduits, la part correspondant aux sommes placées s'ajoute à vos revenus, sans abattement de 10 %.
- Depuis 2026, la part de gains supporte un prélèvement forfaitaire de 31,4 % au lieu de 30 %.
- Une rente issue de versements non déduits n'est imposable que sur une fraction, de 70 % à 30 % selon votre âge.
- Le capital versé lors d'un déblocage pour accident de la vie est exonéré d'impôt sur le revenu.
Vous avez alimenté votre épargne retraite pendant des années en déduisant vos versements volontaires, et vient le moment de récupérer cette épargne. La question devient alors fiscale : combien allez-vous réellement toucher ? La réponse dépend de trois paramètres, que beaucoup d'épargnants découvrent trop tard. Voici les règles applicables en 2026, mode de sortie par mode de sortie, en complément de notre guide de la fiscalité du PER à la sortie.
Trois paramètres déterminent votre imposition
La fiscalité de sortie d'un plan d'épargne retraite ne se résume jamais à un taux unique. Elle se construit à partir de trois éléments qu'il faut identifier avant toute demande.
- L'origine des sommes : vos versements volontaires, votre épargne salariale ou les cotisations obligatoires de votre entreprise.
- Votre choix à l'entrée : avoir ou non déduit ces versements de votre revenu imposable.
- Le mode de récupération : capital en une fois, capital fractionné, ou rente viagère.
Chaque combinaison produit une imposition différente. C'est pourquoi deux épargnants disposant du même montant sur leur plan peuvent supporter des prélèvements très éloignés.
Un point à retenir : chaque versement conserve la mémoire du choix fait au moment où il a été effectué. Un même contrat peut donc contenir des sommes déduits et d'autres non, avec deux régimes qui coexistent.
Rappel : ce qui s'est joué à l'entrée
La fiscalité de sortie est le miroir de l'avantage obtenu pendant la phase d'épargne. Il est donc utile de savoir exactement ce qui a été fait sur votre contrat.
Sur un plan d'épargne retraite, chaque versement volontaire ouvre un choix : le déduire de votre revenu imposable dans la limite de votre plafond annuel, ou y renoncer. Pour 2026, ce plafond s'élève à 10 % de vos revenus d'activité de l'année précédente, dans un maximum de 37 680 €, ou 4 710 € si ce montant est plus favorable.
Ce choix, exercé versement par versement, détermine le régime applicable des années plus tard. Nos guides du fonctionnement du PER et de la déduction à l'entrée détaillent cette mécanique, et notre article sur le montant à verser aide à calibrer l'effort d'épargne.
Trois éléments figurent sur le relevé annuel de votre contrat et conditionnent toute simulation :
- le cumul des versements effectués et leur ventilation entre déduits et non déduits ;
- la valeur atteinte par votre épargne, donc la part de gains ;
- l'origine des sommes, épargne salariale ou versements obligatoires le cas échéant.
Ce qui change en 2026
Deux évolutions modifient l'équation cette année, et la plupart des contenus disponibles en ligne ne les intègrent pas encore.
La première concerne les prélèvements sociaux sur les revenus de placement : leur taux passe de 17,2 % à 18,6 %. Mécaniquement, le prélèvement forfaitaire unique appliqué à la part de gains grimpe de 30 % à 31,4 %.
La seconde touche l'entrée, mais produit ses effets à la sortie : les versements réalisés après vos 70 ans ne sont plus déductibles. Ces sommes suivront donc, à la sortie, le régime plus léger réservé aux versements non déduits.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Si vous prévoyez de récupérer votre épargne dans les prochains mois, demandez à votre gestionnaire la ventilation exacte entre versements déduits et non déduits, ainsi que la part de gains. Sans ce détail, aucune simulation fiable n'est possible.
La sortie en capital quand vos versements ont été déduits
La part correspondant à vos versements
C'est le cas le plus fréquent. La part du capital qui correspond aux sommes versées puis déduits s'ajoute à vos revenus de l'année, dans la catégorie des pensions de retraite.
Particularité à connaître : cette fraction est imposable au barème progressif sans l'abattement de 10 % dont bénéficient habituellement les pensions. Elle supporte l'impôt sur le revenu, mais échappe aux prélèvements sociaux.
La part correspondant aux gains
Les gains produits par votre épargne suivent un autre régime. Ils supportent le prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8 % au titre de l'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis 2026. Ce taux global de 31,4 % est confirmé par service-public.fr.
Ce prélèvement est effectué par l'établissement avant le versement des fonds. Vous pouvez demander à en être dispensé pour la part d'impôt si votre revenu fiscal de référence est inférieur aux seuils fixés.
Un exemple chiffré
Prenons un plan de 100 000 €, composé de 80 000 € de versements déduits et de 20 000 € de gains, récupéré en une seule fois par un foyer imposé à 30 %.
- Les 80 000 € s'ajoutent aux revenus de l'année : environ 24 000 € d'impôt, sans compter l'effet de tranche.
- Les 20 000 € de gains supportent 31,4 % : soit 6 280 €.
- Le foyer perçoit donc environ 69 700 € nets, et son revenu fiscal de référence bondit pour l'année.
Ce cas chiffré illustre le risque principal d'une sortie en capital unique : le saut de tranche, mesurable avec les tranches du barème. Une situation que le fractionnement permet largement d'éviter.

Anticiper l'effet de tranche à la sortie
Vérifiez votre tranche marginale avant de demander votre capital.
La sortie en capital quand vos versements n'ont pas été déduits
Si vous aviez renoncé à la déduction, la logique s'inverse. La part correspondant à vos versements volontaires est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Seuls les gains sont imposés, au prélèvement forfaitaire de 31,4 % depuis 2026. C'est le régime le plus favorable à la sortie, contrepartie logique de l'absence d'avantage à l'entrée.
Ce régime, détaillé dans notre guide de la gestion d'un PER, concerne surtout les épargnants peu ou pas imposables pendant leur vie active, et désormais tous ceux qui alimentent leur plan après la retraite au-delà de 70 ans.
La sortie en rente : deux régimes bien distincts
Rente issue de versements déduits
La rente provenant de versements déduits est imposée chaque année comme une pension de retraite. Elle s'ajoute à vos autres revenus de cette catégorie, cette fois avec l'abattement de 10 %.
Les prélèvements sociaux ne portent que sur une fraction de la rente, déterminée par votre âge au premier versement. Le taux applicable est de 18,6 % depuis 2026.
Rente issue de versements non déduits
Ici s'applique le régime des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction de la rente est imposable, selon votre âge au moment du premier versement :
- 70 % si vous aviez moins de 50 ans ;
- 50 % entre 50 et 59 ans ;
- 40 % entre 60 et 69 ans ;
- 30 % au-delà de 69 ans.
Cette fraction supporte l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux au taux de 18,6 %. Sur une rente perçue après 70 ans, l'assiette imposable se limite donc à 30 % du montant versé.
Tableau récapitulatif
| Mode de sortie | Versements déduits | Versements non déduits |
| Capital, part des versements | Barème de l'impôt, sans abattement de 10 % | Exonérée |
| Capital, part des gains | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % |
| Rente | Pension avec abattement de 10 %, prélèvements sociaux sur une fraction | Fraction imposable de 70 % à 30 % selon l'âge |

Chiffrer votre sortie avant de la demander
Nous comparons capital, capital fractionné et rente sur votre situation.
La fiscalité d'un déblocage anticipé
Les cas d'accident de la vie
Le déblocage anticipé avant la retraite reste possible dans six situations : l'invalidité, le décès du conjoint ou partenaire de Pacs, le surendettement, l'expiration des droits au chômage, la cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire et la révocation d'un mandat social.
Dans ces cas, la fiscalité est allégée : la part correspondant aux sommes placées est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux applicables aux produits de placement.
Le cas de la résidence principale
L'achat de la résidence principale obéit à une règle différente, souvent mal anticipée. Si vos versements ont été déduits, la part correspondante est imposée au barème, sans abattement de 10 %, mais sans prélèvements sociaux.
La part de gains, elle, supporte le prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Débloquer son plan pour financer sa résidence principale a donc un coût fiscal immédiat, à chiffrer avant de signer un compromis.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Un déblocage anticipé pour accident de la vie est exonéré, celui pour la résidence principale ne l'est pas. Cette différence de traitement change tout : dans le second cas, la réintégration à vos revenus peut vous faire changer de tranche l'année de l'acquisition.

Préparer la liquidation de votre plan
Capital, rente ou retraits étalés : nous chiffrons chaque option.
La fiscalité en cas de décès
Décès avant 70 ans
Sur un plan assurantiel, la transmission suit des règles proches de l'assurance-vie. En cas de décès avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € sur les sommes reçues.
Au-delà, une taxation de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 € par bénéficiaire, puis de 31,25 %. Ce cadre rejoint la logique des abattements en matière de succession.
Décès après 70 ans
Après 70 ans, les sommes transmises entrent dans le champ des droits de succession, après un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires.
Point décisif : c'est votre âge au décès qui compte, et non l'âge auquel vous avez effectué vos versements. C'est là que le plan d'épargne retraite se distingue nettement de l'assurance-vie.
PER individuel, collectif ou obligatoire : la sortie diffère-t-elle ?
Le PER individuel
Sur un PER individuel, la règle est celle décrite plus haut : vous choisissez librement entre capital, rente viagère ou les deux, avec la fiscalité correspondant à vos choix d'entrée. C'est le contrat le plus souple à la retraite.
Le plan collectif d'entreprise
Sur un plan collectif, les sommes issues de l'épargne salariale des salariés, intéressement et participation, se récupèrent en capital ou en rente. Leur fiscalité est allégée : ces sommes n'ayant pas été déduites du revenu, seule la part de gains est taxée.
Notre guide du PER d'entreprise et notre article sur ce que le plan d'entreprise change pour votre retraite précisent ces différences, tout comme celui du Perco pour les anciens contrats.
Les versements obligatoires
Les droits issus des cotisations obligatoires ne peuvent être récupérés qu'en rente viagère. Cette rente est imposée comme une pension, avec l'abattement de 10 %, et les prélèvements sociaux portent sur une fonction de votre âge au premier versement.
Aucune forme de sortie en capital n'est possible sur ce compartiment, quel que soit le montant en jeu.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Sur un plan d'entreprise, vérifiez la répartition entre compartiments avant de demander votre liquidation. Les sommes issues des cotisations obligatoires partiront en rente quoi qu'il arrive : les intégrer par erreur à un projet de sortie en capital fausse toute la planification.
Comment optimiser la sortie de votre plan ?
Fractionner plutôt que tout récupérer
Le levier le plus efficace ne coûte rien : étaler les retraits. Plutôt qu'une sortie en capital unique, demandez des rachats partiels répartis sur plusieurs années.
Chaque retrait suit les mêmes règles, mais l'assiette annuelle reste maîtrisée. Vous évitez ainsi de franchir une tranche supérieure du barème pour une seule année.
Trois paramètres guident le rythme des retraits :
- le niveau de vos autres revenus imposables de l'année ;
- le seuil de la tranche supérieure à ne pas dépasser ;
- vos besoins réels de trésorerie.
Choisir le bon moment
L'année de votre départ à la retraite cumule souvent salaires et premières pensions. Attendre l'année suivante pour un premier retrait peut suffire à réduire sensiblement l'imposition.
À l'inverse, une année de revenus exceptionnellement bas constitue une fenêtre favorable pour retirer une partie de l'épargne accumulée.
Les erreurs les plus fréquentes au moment du départ
Certaines décisions coûtent cher, alors qu'elles se corrigent facilement quand on les anticipe. Voici celles que nous voyons revenir le plus souvent :
- demander la totalité du capital l'année du départ à la retraite, quand salaires et pensions se cumulent déjà ;
- ignorer la ventilation entre versements déduits et non déduits, et découvrir l'imposition après coup ;
- opter pour une rente sans comparer les plafonds de frais d'arrérage entre contrats ;
- oublier de préparer la demande de dispense du prélèvement de 12,8 % quand les ressources du foyer le permettent ;
- raisonner en pourcentage plutôt qu'en euros, ce qui masque l'ampleur réelle des impôts dus.
Prendre le temps de savoir ce que contient votre épargne retraite, en amont, évite l'ensemble de ces situations.
Arbitrer entre capital et rente
Le capital offre la souplesse et le contrôle de votre fiscalité. La rente sécurise un revenu à vie, mais constitue un choix irréversible, dont le coût dépend aussi des frais du contrat.
La comparaison ne se fait pas seulement sur les impôts dus : espérance de vie, autres ressources, besoin de transmission et niveau des frais d'arrérage entrent dans l'équation. Les différentes formes de rente méritent d'être comparées, notamment les options de réversion.
Votre situation patrimoniale est unique : cet article informe sur les règles applicables, il ne constitue pas un conseil personnalisé. Un bilan patrimonial, complété si besoin d'une simulation d'impôt, permet de chiffrer chaque hypothèse avant de demander la liquidation de vos droits.
FAQ : la fiscalité de sortie du PER
La part correspondant aux versements déduits s'ajoute à vos revenus, dans la catégorie des pensions, sans abattement de 10 % et sans prélèvements sociaux. La part de gains supporte le prélèvement forfaitaire de 31,4 % depuis 2026.
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