Retraite

Versement sur un PER après la retraite : ce qui reste possible en 2026

26 août 2026

1 min

En bref

  • Rien n'interdit de verser sur un PER après votre départ à la retraite, tant que votre contrat le permet.
  • Depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés après 70 ans ne sont plus déductibles de votre revenu imposable.
  • Vos pensions ouvrent droit à un plafond de déduction minimum de 4 710 € pour 2026.
  • Le PER conserve un intérêt de transmission, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans.
  • Les versements effectués après la retraite restent disponibles à tout moment, sans blocage supplémentaire.

Vous êtes parti à la retraite et vous vous demandez si votre plan d'épargne retraite a encore une utilité. La question se pose d'autant plus depuis 2026, qui a modifié les règles de fiscalité après 70 ans. La réponse dépend de trois éléments : votre âge, votre niveau d'imposition et vos objectifs de transmission. Voici comment arbitrer.

Peut-on encore verser sur un PER après son départ à la retraite ?

Aucune limite d'âge légale pour alimenter votre plan

C'est le premier point à clarifier : la loi ne fixe aucun âge maximal pour effectuer des versements sur un plan d'épargne retraite. Vous pouvez continuer à alimenter votre contrat après votre départ à la retraite, comme pendant votre vie active.

Mieux, ouvrir un nouveau plan reste possible après la liquidation de vos droits. Certains retraités souscrivent ainsi un plan à 65 ou 70 ans, dans une logique patrimoniale plutôt que de complément de revenu.

Le blocage jusqu'à la retraite n'a plus lieu d'être : les sommes versées après votre départ sont immédiatement disponibles, en capital comme en rente.

Ce que change la règle des 70 ans depuis 2026

Voici l'évolution la plus importante de l'année. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après vos 70 ans restent possibles, mais ils ne sont plus déductibles de votre revenu imposable.

Cette règle, confirmée par service-public.fr, change l'équation pour les épargnants les plus âgés. L'avantage fiscal à l'entrée disparaît, mais l'intérêt successoral du plan, lui, demeure.

Avant 70 ans, rien ne change : la déduction fiscale s'applique dans les mêmes conditions qu'avant votre départ à la retraite, selon les règles détaillées dans notre guide du fonctionnement du PER.

Ce que prévoit votre contrat

La loi autorise, votre contrat peut restreindre. Certains établissements refusent l'ouverture d'un plan au-delà d'un certain âge, ou plafonnent les versements des titulaires les plus âgés.

Trois points à vérifier auprès de votre gestionnaire :

  • l'âge limite de souscription et de versement prévu au contrat ;
  • les frais appliqués aux versements après la liquidation de vos droits ;
  • la possibilité de conserver le plan une fois les premiers retraits effectués.

Sur un plan partiellement liquidé, la reprise des versements n'est pas toujours accessible. Notre guide de la gestion d'un PER détaille ces clauses.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Si vous approchez de 70 ans et disposez d'une trésorerie à placer, le calendrier compte plus que le montant. Un versement réalisé la veille de votre anniversaire reste déductible ; le lendemain, il ne l'est plus. Cette bascule de 2026 mérite d'être anticipée dès maintenant.

Quel avantage fiscal reste-t-il une fois à la retraite ?

La déduction s'applique aussi sur vos pensions

Beaucoup de retraités l'ignorent : la déduction des versements volontaires ne suppose pas de percevoir des revenus d'activité. Elle s'impute sur votre revenu global, pensions comprises.

Un retraité imposé dans la tranche à 30 % qui verse 4 000 € sur son plan réduit donc son impôt sur le revenu de 1 200 €, exactement comme un actif. L'avantage est identique, seule la base de calcul du plafond change.

Votre plafond quand vous n'avez plus de revenus d'activité

Le calcul repose sur 10 % des revenus d'activité de l'année précédente. Sans activité professionnelle, ce premier terme tombe à zéro.

C'est le plancher qui prend alors le relais : 4 710 € pour les versements réalisés en 2026, soit 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de l'année précédente. Ce montant reste déductible quels que soient vos revenus, et se cumule avec les plafonds non consommés.

Deux compléments s'ajoutent à cette limite :

  • le reliquat de plafond non utilisé au cours des trois années précédentes ;
  • le plafond de votre conjoint, si vous optez pour la mutualisation.

Un couple de retraités dispose ainsi d'au moins 9 420 € déductibles chaque année, hors reports. De quoi optimiser sa fiscalité quand un revenu exceptionnel survient.

Déduire ou ne pas déduire : l'arbitrage à la retraite

La déduction n'est jamais obligatoire. À la retraite, l'arbitrage se pose différemment de la vie active, car votre tranche d'imposition est déjà stabilisée.

Le montant à verser sur un PER se raisonne alors autrement. Renoncer à la déduction garde du sens dans deux situations : si vous n'êtes pas ou peu imposable, et si votre objectif principal est la transmission plutôt que le complément de revenu.

Votre profil à la retraiteChoix généralement pertinent
Tranche à 30 % ou plus, besoin de revenus complémentairesVerser en déduisant, puis récupérer en capital fractionné
Foyer non imposableVerser sans déduire, pour une sortie allégée
Objectif de transmission avant 70 ansVerser sans déduire, en soignant la clause bénéficiaire
Après 70 ansVerser sans déduction possible, seul l'objectif successoral compte
Arbitrer entre revenu complémentaire et transmission

Arbitrer entre revenu complémentaire et transmission

Un conseiller chiffre les deux scénarios sur votre situation.

Le PER comme outil de transmission

En cas de décès avant 70 ans

Sur un plan assurantiel, la transmission suit des règles proches de l'assurance-vie. En cas de décès avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € sur les sommes qui lui reviennent.

Au-delà, un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 € par bénéficiaire, puis de 31,25 %. C'est un cadre particulièrement favorable pour organiser une transmission de patrimoine.

En cas de décès après 70 ans

Le régime bascule. Les sommes transmises sont soumises aux droits de succession, après un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires.

Cette bascule dépend de votre âge au décès, et non de l'âge auquel vous avez versé. Elle rejoint la logique des abattements sur les successions. C'est une différence majeure avec l'assurance-vie, où c'est la date des versements qui compte.

PER et assurance-vie : deux logiques complémentaires

Cette différence de règle explique pourquoi les deux enveloppes se complètent. Sur un contrat d'assurance-vie, verser après 70 ans conserve un intérêt puisque seules les primes versées après cet âge basculent dans le régime moins favorable.

Sur un PER, tout l'encours suit votre âge au décès. Un plan de 200 000 € transmis après 70 ans supporte donc les droits de succession sur la quasi-totalité de son montant.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Sur un PER assurance, c'est votre âge au décès qui détermine la fiscalité de la transmission, pas la date de vos versements. Si la transmission est votre objectif principal et que vous approchez de 70 ans, comparez soigneusement avec une assurance-vie avant d'arbitrer.

Comment gérer son épargne une fois à la retraite ?

Revoir l'allocation de votre épargne

La gestion pilotée sécurise automatiquement votre épargne à l'approche de la retraite. Une fois le départ passé, cette mécanique atteint sa limite : votre épargne se retrouve massivement orientée vers des fonds prudents, peu rémunérateurs.

Si vous ne comptez pas récupérer votre capital immédiatement, cette allocation mérite un réexamen. Un horizon de dix à quinze années autorise encore une part de placement dynamique, sous réserve d'accepter un risque de perte en capital.

Quatre options de gestion s'offrent à vous après le départ :

  • rester en gestion pilotée, avec le profil le plus prudent ;
  • basculer en gestion libre pour arbitrer vous-même vos supports ;
  • sécuriser une poche destinée aux retraits des prochaines années ;
  • conserver une part d'unités de compte pour le reste de l'épargne, dans une logique de diversification.

Surveiller les frais de votre produit

Sur un produit d'épargne conservé longtemps, les frais annuels sur l'encours pèsent davantage que la performance d'une année donnée. Comparez la grille de votre plan avec celle du marché, en vous appuyant sur le tableau standardisé des frais publié depuis 2022 par chaque assurance.

Un plan devenu inadapté peut être transféré vers un autre produit d'épargne retraite, gratuitement après cinq années de détention. Nos repères de taux, de frais et de rendement aident à situer votre contrat.

Faut-il conserver son plan ou le débloquer ?

Les cas où le maintien se justifie

Conserver son plan ouvert après la retraite répond à plusieurs logiques :

  • lisser la fiscalité en fractionnant les retraits sur plusieurs années ;
  • laisser l'épargne continuer à travailler sur des fonds adaptés ;
  • préserver le cadre successoral tant que vous n'avez pas atteint 70 ans ;
  • garder une réserve mobilisable sans contrainte de calendrier.

Les cas où la sortie s'impose

À l'inverse, débloquer devient prioritaire si les frais de votre contrat pèsent sur un encours modeste, si vous avez besoin d'un capital pour un projet précis, ou si votre plan ne propose plus de supports adaptés à votre horizon.

Le choix du contrat pèse ici plus qu'ailleurs. Le poids des frais est souvent sous-estimé. Sur un plan peu performant, 1 % de frais annuels absorbe une part significative du rendement d'un fonds sécurisé.

Le fractionnement, levier le plus efficace

C'est l'outil le plus simple pour maîtriser votre imposition. Plutôt qu'une sortie en capital unique qui gonfle vos revenus d'une seule année, vous demandez des retraits partiels étalés.

Chaque retrait suit la même règle, détaillée dans notre guide de la fiscalité du PER à la sortie : la part correspondant aux versements déduits s'ajoute à vos revenus dans la catégorie des pensions, sans abattement de 10 %, et la part de gains supporte le prélèvement forfaitaire de 31,4 % depuis 2026.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Avant de fermer un plan devenu trop cher, demandez le détail de vos frais en euros sur les trois dernières années. Un transfert vers un contrat moins chargé est gratuit passé cinq ans de détention et préserve l'antériorité fiscale de votre épargne.

Situer votre pension avant d'arbitrer

Situer votre pension avant d'arbitrer

Un simulateur pour cadrer vos besoins de revenus à la retraite.

Comment récupérer votre épargne ?

La sortie en capital, fractionnée de préférence

La sortie en capital est le mode le plus souple. Vous choisissez le montant et le moment, ce qui permet d'éviter un saut de tranche.

Attention toutefois : les prélèvements sociaux sur la part de gains sont passés à 18,6 % en 2026, comme le précise service-public.fr, portant le prélèvement forfaitaire global à 31,4 %.

Le barème progressif de l'impôt s'applique alors à la part correspondant aux versements déduits. Le choisir ou non ne relève pas d'une option : c'est le régime de droit commun de cette fraction du capital.

Trois éléments guident le rythme de vos retraits :

  • le niveau de vos autres revenus imposables de l'année ;
  • le seuil de la tranche supérieure du barème, à ne pas franchir inutilement ;
  • vos besoins réels de trésorerie sur les douze mois à venir.

La rente viagère, pour sécuriser un revenu

La rente viagère garantit un revenu jusqu'à votre décès, calculée selon un principe proche de celui d'une rente de PERP. Elle est imposée comme une pension, avec l'abattement de 10 %, et supporte les prélèvements sociaux sur une fraction dépendant de votre âge.

Ce choix est irréversible. Les différentes formes de rente, réversible ou non, méritent d'être comparées avant de vous engager.

Verser après 70 ans : pertinent ou non ?

Verser après 70 ans : pertinent ou non ?

Nous mesurons l'intérêt réel selon votre imposition et vos héritiers.

PER individuel ou plan d'entreprise : que deviennent-ils ?

Si vous détenez à la fois un PER individuel et un plan collectif d'entreprise, les deux suivent des règles distinctes une fois la retraite venue.

Le PER individuel reste alimentable sans condition. Le plan collectif de votre ancienne entreprise, lui, ne reçoit plus d'épargne salariale, mais conserve vos droits acquis et peut encore recevoir des versements volontaires.

Point à connaître : les sommes issues des versements obligatoires d'un plan d'entreprise ne peuvent bénéficier d'une sortie en rente que sous forme de rente viagère, sans option pour le capital.

Regrouper vos contrats sur un seul plan simplifie la gestion et la fiscalité de vos retraits. Le transfert d'un plan d'entreprise obéit à des délais spécifiques.

Le cas du cumul emploi-retraite

Si vous poursuivez une activité en cumul emploi-retraite, vos revenus professionnels réouvrent le calcul à 10 % de vos revenus d'activité. Votre plafond de déduction cesse alors d'être limité au plancher de 4 710 €.

Ce cumul est fréquent chez les indépendants et les professions libérales, pour lesquels le plan conserve tout son intérêt. Il suppose de vérifier chaque année le montant figurant sur votre avis d'imposition.

Votre situation patrimoniale est unique : cet article informe, il ne remplace pas une étude personnalisée. Un bilan patrimonial permet de trancher entre versement, maintien et déblocage, en tenant compte de vos revenus, de votre foyer fiscal et de vos objectifs de transmission.

FAQ : verser sur un PER après la retraite

Oui, aucune règle ne l'interdit, sous réserve des conditions d'âge propres à chaque contrat. Les sommes versées restent disponibles immédiatement, puisque la condition de blocage jusqu'à la retraite est déjà remplie.

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Versement sur un PER après la retraite : que reste-t-il ?