
En bref
- À la retraite, votre PER se récupère en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère ou en panachant les deux.
- Les droits issus des versements obligatoires d'entreprise ne peuvent sortir qu'en rente.
- Une rente inférieure à 110 € par mois peut être rachetée en un versement unique, avec votre accord.
- À 65 ans, l'espérance de vie atteint 20 ans pour les hommes et 23,6 ans pour les femmes (Insee, 2025).
- Le capital issu de versements déduits est imposé au barème sans abattement ; la rente bénéficie de l'abattement de 10 %.
Votre départ à la retraite approche et votre plan d'épargne retraite arrive au moment de vérité : percevoir des revenus réguliers jusqu'au décès ou récupérer votre argent ? Sortir d'un PER en rente ou en capital ne relève pas d'une préférence de principe. Tout dépend de vos autres revenus, de votre fiscalité, de votre foyer et de ce que vous souhaitez transmettre. Critères, règles par compartiment et cas chiffrés : Perlib vous éclaire.
Sortie en capital, sortie en rente ou sortie mixte : quelles options ?
La loi Pacte a rompu avec les anciens contrats retraite, qui imposaient presque toujours une rente. Comme le rappelle la fiche de service-public.fr sur le plan d'épargne retraite, les droits issus des versements volontaires peuvent être liquidés en rente, en capital, ou les deux, et les retraits peuvent être fractionnés. Notre guide du fonctionnement du PER rappelle les bases de ce produit d'épargne retraite et ses avantages.
La sortie en capital, en une fois ou fractionnée
Avec une sortie en capital, vous récupérez l'épargne accumulée, gains générés compris et frais déduits. Vous pouvez tout retirer d'un coup ou programmer une sortie en capital fractionnée sur plusieurs années de retraite.
Tant que l'argent reste sur le plan, il reste investi, en fonds en euros ou sur des supports dynamiques. Les sommes placées sur des fonds en unités de compte (supports exposés aux marchés financiers ou à l'immobilier) conservent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
La sortie en rente viagère et ses formes
Opter pour une sortie en rente, c'est recevoir un revenu jusqu'au décès, quelle que soit votre durée de vie. En contrepartie, le capital est aliéné : il appartient désormais à l'assureur, et ce choix est définitif.
Le montant versé dépend de l'encours converti, de vos années de vie probables selon les tables de mortalité et du taux technique du contrat. Plusieurs formes existent : simple, réversible, avec annuités garanties ou par paliers. Notre dossier sur les différentes rentes du PER les compare.
La sortie mixte
Une sortie mixte consiste à retirer une partie des sommes pour un projet et à convertir le reste en complément de pension. C'est souvent la formule la plus équilibrée quand les besoins sont multiples.

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Un conseiller Perlib vous aide à choisir entre rente, capital ou sortie mixte.
Ce que votre plan autorise, compartiment par compartiment
Vérifiez d'abord l'origine des sommes : un PER peut comporter trois compartiments, chacun avec ses propres règles de sortie.
| Origine des sommes | Retrait (en une fois ou fractionné) | Rente viagère |
| Versements volontaires | Oui | Oui |
| Épargne salariale (intéressement, participation, abondement, jours de CET) | Oui | Oui |
| Versements obligatoires (ex-contrats de type article 83) | Non, sauf petite rente | Oui, seule option |
Le titulaire d'un plan collectif a donc intérêt à demander le détail de son encours par compartiment. Notre dossier sur ce que votre PER d'entreprise change pour la retraite présente cette répartition.
Le cas des petites rentes
Selon l'article A160-2 du Code des assurances, une rente dont les arrérages mensuels ne dépassent pas 110 € peut être rachetée, avec l'accord du bénéficiaire, au moment de la liquidation ou en cours de service. Autre point : certains contrats permettent d'opter pour la rente dès la souscription, un choix alors irrévocable.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Dans les cinq années qui précèdent votre départ, demandez à votre gestionnaire une estimation de rente et le détail de vos compartiments : c'est la base de tout arbitrage sérieux adapté à votre situation.
Fiscalité de la sortie : l'essentiel avant de choisir
La fiscalité ne doit pas décider seule, mais elle pèse lourd au moment de la sortie. Elle dépend d'un choix fait à l'entrée : avez-vous opté pour la déduction des versements de votre revenu imposable ?
- Capital, versements qui ont été déduits : la part correspondant aux versements est soumise à l'impôt sur le revenu au barème, sans abattement de 10 % ni prélèvements sociaux ; les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026.
- Capital, sans déduction à l'entrée : la part versements est exonérée, seuls les gains sont taxés.
- Rente, versements déduits : imposée comme une pension (abattement de 10 %), prélèvements sociaux sur une fraction fonction de l'âge.
- Rente, sans déduction à l'entrée : ce sont les règles applicables aux rentes viagères à titre onéreux, avec une fraction imposable de 70 % avant 50 ans à 30 % après 69 ans.
Pour le détail, consultez notre guide de la fiscalité du PER à la sortie en capital ou en rente et notre guide complet 2026 de la fiscalité en capital. La déclaration du PER aux impôts a aussi ses cases spécifiques.

Mesurer l'effet d'un retrait sur votre impôt
Un calcul rapide de votre taux marginal avant de liquider.
Six critères pour choisir entre rente et capital
Votre âge et votre espérance de vie
La rente est un pari sur la longévité : plus vous vivez longtemps, plus elle devient intéressante. En cas de décès précoce, une rente simple laisse l'essentiel des sommes à l'assureur.
Les données de l'Insee donnent un ordre de grandeur : en 2025, un homme de 65 ans peut espérer vivre encore 20 ans, une femme 23,6 ans. Votre santé compte autant que ces moyennes.
Vos autres revenus et votre taux marginal
Si vos pensions de retraite couvrent déjà vos dépenses, un revenu supplémentaire garanti n'a pas la même utilité. Avec une pension modeste, un versement régulier apporte de la sérénité.
Côté impôt sur le revenu, une sortie en capital massive gonfle le revenu imposable d'une seule année et peut faire basculer une part dans une tranche d'imposition supérieure. Le fractionnement lisse ce taux marginal sur plusieurs exercices.
Votre besoin de liquidité
Travaux, aide à un enfant : un projet identifié plaide pour un retrait. Pensez aussi à votre épargne de précaution, car une rente ne se débloque pas en cas d'imprévu.
Votre conjoint
Une rente simple s'éteint au décès du bénéficiaire. Si votre conjoint dépend de ce revenu, l'option de réversion lui transfère tout ou partie des arrérages, en échange d'un montant initial plus faible. La réflexion rejoint celle de la pension de réversion des régimes de base, dont les conditions varient selon les années de mariage.

Protéger votre conjoint avec votre PER
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Vos objectifs de transmission
Tant que l'épargne reste sur un PER assurantiel, elle se transmet selon un cadre proche de l'assurance-vie : 152 500 € par bénéficiaire si le décès survient avant 70 ans, 30 500 € au global au-delà. C'est l'âge au décès qui compte, d'où l'importance de la clause bénéficiaire.
Une fois convertie en rente simple, cette somme ne se transmet plus. Les sommes retirées, elles, rejoignent votre patrimoine et suivent les règles de la transmission de patrimoine.
Votre rapport au risque
Conserver une épargne investie, c'est accepter les fluctuations des marchés et en assurer la gestion. La rente transfère cet aléa à l'assureur. Votre profil d'investisseur pèse dans la balance.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Calculez le point mort : divisez la somme convertie par la rente annuelle proposée. Si le résultat dépasse nettement votre espérance de vie, la rente simple coûte cher ; des annuités garanties peuvent rééquilibrer l'arbitrage.
Cas chiffrés : trois profils comparés
Chaque exemple repose sur un plan de 100 000 € à 65 ans, dont 70 000 € de versements volontaires déduits et 30 000 € de gains. Le taux de conversion retenu (4 % par an) est une hypothèse illustrative, variable selon les contrats et les options. Ces calculs simplifiés ne constituent pas un conseil personnalisé.
Marc, marié, imposé à 30 %, projet familial
Marc a des pensions confortables et veut aider ses enfants. Une sortie en capital totale ajouterait 70 000 € à ses revenus de l'année : au moins 21 000 € d'impôt, davantage si une part est taxée à 41 %, plus 9 420 € de PFU sur les gains.
En étalant sur sept ans, il intègre environ 10 000 € par an, soit près de 3 000 € d'impôt annuel s'il reste imposé à 30 %. Pour lui, le capital fractionné l'emporte.
Sylvie, seule, imposée à 11 %, famille de longévité
Sylvie a une pension modeste et craint d'épuiser son épargne. Avec l'hypothèse retenue, elle toucherait 4 000 € par an. Après abattement de 10 %, son impôt sur le revenu avoisine 396 €, et les prélèvements sociaux, calculés sur 40 % de la rente à son âge, environ 298 €.
Il lui faudrait 25 ans pour récupérer la somme brute convertie, soit jusqu'à 90 ans. Vu son histoire familiale, la sécurité d'un revenu garanti justifie ici la rente.
Paul et Anne, couple, besoin mixte
Paul veut financer des travaux et protéger Anne, plus jeune. Le couple retire 40 000 € sur deux ans et convertit 60 000 € en rente réversible. Sans option, cette part produirait 2 400 € par an ; avec, le montant initial sera plus faible, mais Anne restera protégée.

Comparer rente, capital et sortie mixte sur vos chiffres
Un conseiller modélise les trois scénarios pour votre foyer.
Quand et comment demander la liquidation ?
La liquidation est possible dès le départ à la retraite ou l'âge légal. Rien n'oblige à liquider immédiatement : le plan peut rester ouvert et recevoir de nouveaux versements, comme l'explique notre guide du versement sur un PER après la retraite.
La demande s'adresse par écrit au gestionnaire. Avant de signer, comparez les points suivants :
- la table de mortalité et le taux technique appliqués ;
- les frais d'arrérages et les frais de gestion du PER ;
- les options proposées par le contrat au moment de la liquidation.
Si l'offre de rente est peu compétitive, un transfert vers un autre PER avant la liquidation peut être étudié. Les sorties avant la retraite relèvent enfin des cas de déblocage anticipé du PER.
Le conseil de nos experts patrimoniaux
Ne liquidez pas tout par réflexe. Un premier retrait partiel vous laisse le temps d'observer votre budget réel de retraité avant de convertir, ou non, le solde en rente.
Votre situation patrimoniale est unique : ce contenu informe, il ne remplace pas une étude personnalisée. Un bilan patrimonial avec un conseiller Perlib permet de choisir la bonne sortie en tenant compte de vos revenus, de votre foyer et de vos objectifs de transmission.

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FAQ : PER rente ou capital
Non. Une fois la rente liquidée, la décision est définitive. Seul le rachat d'une petite rente, sous 110 € par mois, permet de récupérer les euros restants en une fois, avec l'accord de l'assureur.
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