Retraite

Plan épargne retraite : comment ça marche, étape par étape

16 septembre 2026

1 min

En bref

  • Le PER se vit en 5 étapes : ouvrir, verser, choisir la gestion, laisser l'épargne travailler, puis la récupérer.
  • Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 37 680 € pour 2026.
  • Depuis 2026, un plafond de déduction non utilisé se reporte sur 5 années, contre 3 auparavant.
  • L'épargne reste bloquée jusqu'à la retraite, sauf accidents de la vie et achat de la résidence principale.
  • Au départ, vous choisissez entre capital, rente viagère ou un mélange des deux.

Vous entendez parler du plan d'épargne retraite partout, sans trop savoir ce qui se passe une fois le contrat signé ? C'est normal : le PER se comprend mieux en suivant son parcours qu'en lisant une série de règles. Dans ce guide, nous accompagnons Claire, 40 ans, de l'ouverture de son plan d'épargne retraite jusqu'à son départ à 64 ans. À chaque étape, vous verrez ce qu'elle décide, ce que cela lui coûte et ce que cela change pour sa fiscalité. Pour les règles techniques, notre guide du fonctionnement du PER prend le relais.

Le plan d'épargne retraite, c'est quoi exactement ?

Un produit d'épargne pour le long terme

Le PER est un produit d'épargne créé par la loi Pacte de 2019. Son principe : vous mettez de l'argent de côté pendant votre vie professionnelle pour vous constituer un complément à la retraite, avec un coup de pouce fiscal au passage.

Il a remplacé les anciens produits d'épargne retraite, comme le PERP, le contrat Madelin ou le Perco, qui ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020. Leurs détenteurs peuvent toutefois les conserver ou les transférer.

La contrepartie de l'avantage fiscal tient en un mot : blocage. Sauf exceptions, l'argent reste investi jusqu'à la retraite. C'est un placement de long terme, pas une réserve de trésorerie.

Individuel, collectif ou obligatoire : trois portes d'entrée

Il existe trois formes de plan d'épargne retraite. Le PER individuel s'ouvre à titre personnel, auprès d'un assureur ou d'un établissement financier. Notre comparatif du PER individuel détaille ses caractéristiques.

Les deux autres passent par l'employeur. Le PER collectif est ouvert à tous les salariés de l'entreprise, tandis que le PER obligatoire vise une catégorie de salariés définie par l'employeur. Leurs règles sont expliquées dans notre guide du PER d'entreprise collectif et obligatoire.

Le schéma à retenir : trois compartiments

Tous les PER partagent la même architecture, en trois tiroirs. L'origine de l'argent décide du tiroir, et le tiroir décide de la façon dont vous pourrez disposer des sommes.

CompartimentD'où vient l'argent ?Comment en disposer ?
1. Versements volontairesVos propres dépôts, libres ou programmésCapital, rente ou les deux
2. Épargne salarialeIntéressement, participation, abondement, jours de reposMêmes options que le compartiment 1
3. Versements obligatoiresCotisations prévues par l'accord d'entrepriseRente à vie uniquement

Claire commence par le premier compartiment : elle ouvre un PER individuel, car son entreprise ne propose pas de plan collectif.

Le PER est-il adapté à votre situation ?

Le PER est-il adapté à votre situation ?

Un conseiller Perlib vous explique ce qu'il peut vous apporter, chiffres à l'appui.

Étape 1 : comment ouvrir un PER ?

Qui peut en ouvrir un, et à quel moment ?

La réglementation ne fixe pas d'âge minimum ni de condition de revenus pour un PER individuel. Salarié, travailleur non salarié, fonctionnaire ou sans activité, chacun peut souscrire. Chaque établissement fixe en revanche ses propres conditions de versement initial.

À 40 ans, Claire est cadre, imposée dans la tranche à 30 %. Elle dispose déjà d'une épargne disponible et veut préparer sa retraite sans y penser tous les mois. Notre marche à suivre pour ouvrir un PER en ligne décrit les démarches concrètes.

PER assurance ou PER compte-titres ?

Premier choix, souvent ignoré : la nature juridique du produit. Le PER assurance donne accès au fonds en euros et offre un cadre de transmission proche de l'assurance-vie. Le PER bancaire, ouvert sous forme de compte-titres, propose un univers d'investissement différent, sans garantie en capital ni régime successoral spécifique.

Claire opte pour un PER assurance, pour protéger ses proches. Les écarts entre les deux formules sont détaillés dans notre article PER compte-titres ou PER assurance.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Avant d'ouvrir une épargne retraite bloquée jusqu'au départ, assurez-vous de disposer d'une réserve équivalente à plusieurs mois de dépenses. Le PER ne remplace pas une épargne de précaution : il vient après.

Étape 2 : comment verser sur son PER ?

Versements libres ou programmés

Sur un plan individuel, tout passe par des versements volontaires. Vous déposez une somme ponctuelle, un prélèvement mensuel, ou les deux. La loi ne fixe pas de montant, les contrats prévoient souvent un minimum de quelques dizaines d'euros : nos repères sur le versement minimum d'un PER vous aident à calibrer l'effort.

Claire programme 200 € par mois, soit 2 400 € par an. Elle peut suspendre ou modifier ce rythme à tout moment, sans pénalité.

Déduire ou ne pas déduire ?

À chaque dépôt, une option se présente. Par défaut, les versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable ; vous pouvez aussi renoncer à cette déduction fiscale. Ce choix est définitif pour la somme concernée et fixe sa fiscalité au moment de la sortie.

Pour Claire, la déduction est logique. Imposée à 30 %, elle économise 720 € d'impôt sur le revenu chaque année : son effort réel tombe à 1 680 €. L'intérêt varie en fonction de votre taux marginal d'imposition : plus ce taux est élevé, plus l'économie d'impôt sur le revenu est forte.

Quelle est votre tranche marginale d'imposition ?

Quelle est votre tranche marginale d'imposition ?

C'est elle qui mesure l'intérêt réel de la déduction.

Jusqu'où peut-on déduire en 2026 ?

La déduction est encadrée par un plafond annuel. Pour les sommes versées en 2026, il correspond à 10 % de vos revenus d'activité de 2025, dans la limite de 37 680 €, avec un minimum de 4 710 €. Ce plafond figure sur votre avis d'impôt. Notre guide du plafond de déduction 2026 détaille le calcul.

La loi de finances pour 2026 a apporté une nouveauté utile : le plafond non utilisé peut désormais être reporté sur les 5 années suivantes, contre 3 auparavant, comme l'indique service-public.gouv.fr. Les couples mariés ou pacsés peuvent aussi mutualiser leurs plafonds.

Avec environ 52 000 € de revenus professionnels, le plafond de Claire avoisine 5 200 €. Ses 2 400 € annuels y tiennent largement, et la marge restante reste mobilisable plus tard pour optimiser une année de prime.

Combien verser et déduire cette année ?

Combien verser et déduire cette année ?

Un conseiller calcule avec vous le versement le plus utile fiscalement.

Étape 3 : comment choisir la gestion de son épargne ?

La gestion pilotée, proposée par défaut

Si vous ne dites rien, votre épargne retraite est placée en gestion pilotée selon un profil « équilibré horizon retraite ». Le principe : loin de l'échéance, une part importante est investie sur des supports dynamiques ; puis l'épargne est progressivement sécurisée à l'approche du départ.

Vous pouvez aussi opter pour un profil prudent ou dynamique. Claire garde cette gestion pilotée équilibrée : avec plus de vingt années devant elle, elle accepte des variations en échange d'un potentiel de performance plus élevé, sans promesse de résultat.

Gestion libre, fonds en euros et unités de compte

En gestion libre, vous choisissez vous-même où investir. Deux grandes familles de fonds existent. Le fonds en euros protège le capital investi, pour un rendement modéré. Les unités de compte sont investies sur les marchés financiers et présentent un risque de perte en capital.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Quelle que soit la formule, les frais pèsent lourd sur vingt années : notre comparaison des frais de gestion d'un PER donne les ordres de grandeur. Même un écart de frais de 0,3 point par an finit par compter.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Ne vous arrêtez pas au nom du profil. Demandez la grille de sécurisation appliquée à votre plan : à cinq années du départ, deux profils « équilibrés » peuvent afficher une part d'unités de compte très différente.

Étape 4 : que se passe-t-il pendant les années d'épargne ?

Suivre son PER sans le subir

Entre 40 et 64 ans, le plan d'épargne retraite vit au rythme de la carrière. Claire reçoit un relevé annuel, peut arbitrer entre supports, augmenter ses versements volontaires les années de prime ou les réduire pendant un temps partiel. Ces souplesses sont décrites dans notre guide de la gestion et des avantages d'un PER.

Sa situation professionnelle évolue aussi. À 48 ans, elle rejoint une entreprise qui propose un PER collectif à ses salariés. Elle y place une partie de son intéressement et de sa participation, qui relèvent de l'épargne salariale du deuxième compartiment, et peut ainsi bénéficier d'un abondement. Celui-ci est limité au triple du versement du salarié et à 7 690 € par an, selon les règles détaillées dans notre article sur l'abondement du Perco, du PEE et du PER.

Changer d'employeur ou regrouper ses contrats

Quitter une entreprise ne fait rien perdre : les droits acquis restent sur le contrat collectif. Vous pouvez aussi transférer votre épargne vers un autre plan d'épargne retraite. Ce transfert est gratuit après cinq années de détention, et ses frais sont plafonnés à 1 % de l'encours avant ce délai.

C'est aussi le moment de faire le ménage dans les anciens produits d'épargne retraite. Un PERP, un Madelin ou un Perco peuvent être rapatriés sur un seul PER individuel, selon les modalités présentées dans notre guide PER, PERP ou loi Madelin. La démarche complète figure dans notre article sur le transfert d'épargne retraite.

Où en sera votre pension à la retraite ?

Où en sera votre pension à la retraite ?

Estimez l'écart à combler avant de fixer vos versements.

Étape 5 : comment récupérer son épargne à la retraite ?

Capital, rente ou les deux

L'épargne devient disponible lorsque vous liquidez votre pension de base, ou dès l'âge légal de départ. Trois options s'offrent alors pour les compartiments 1 et 2 : une sortie en capital, versée en une fois ou fractionnée, une sortie en rente viagère, ou une combinaison des deux. Les droits issus du compartiment obligatoire ne peuvent pas être retirés en capital.

Rien n'oblige à tout retirer d'un coup. Vous pouvez même continuer à verser après votre départ, avec une limite d'âge à savoir : depuis 2026, les sommes placées après 70 ans ne sont plus déductibles. Notre article sur le versement sur un PER après la retraite fait le point.

Ce que Claire paie à 64 ans : exemple chiffré

Faisons les comptes, avec des hypothèses illustratives. En vingt-quatre années, Claire a versé 57 600 € sur son plan individuel et économisé environ 17 280 € d'impôt, si sa tranche est restée à 30 %. Supposons un encours de 80 000 € au départ, soit 22 400 € de gains : ce montant n'est pas garanti et dépend des marchés.

Elle choisit de fractionner son capital sur quatre années. La part correspondant à ses apports déduits s'ajoute chaque année à son revenu imposable et suit le barème progressif, sans abattement de 10 %. La part de gains subit le prélèvement forfaitaire de 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux : environ 7 030 € au total.

Âge de ClaireCe qui se passeImpact chiffré
40 ansOuverture d'un PER assurance individuel200 € par mois programmés
De 40 à 64 ansVersements déduits, tranche à 30 %720 € d'impôt en moins par an
48 ansNouvel employeur, PER collectifIntéressement et abondement en compartiment 2
64 ansCapital fractionné sur quatre annéesVersements au barème, gains à 31,4 %

Si Claire avait préféré la sortie en rente, celle-ci serait imposée comme une pension, avec l'abattement de 10 %. Les différentes formes de rente et notre guide de la fiscalité de la sortie en capital ou en rente vous aident à arbitrer.

Le conseil de nos experts patrimoniaux

Déduire vos versements, c'est différer l'impôt, pas l'effacer. Le gain est maximal si votre tranche baisse à la retraite. Étaler les retraits sur plusieurs années évite de voir toute la somme taxée dans une tranche plus élevée.

Et si un coup dur survient avant la retraite ?

Les accidents de la vie qui débloquent le plan

Le blocage n'est pas absolu. La réglementation prévoit un déblocage anticipé dans plusieurs situations difficiles :

  • le décès de votre conjoint ou partenaire de Pacs ;
  • votre invalidité, celle de vos enfants, de votre conjoint ou partenaire ;
  • une situation de surendettement ;
  • l'expiration de vos droits au chômage ;
  • une cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.

Dans ces cas, la part correspondant à vos apports échappe à l'impôt sur le revenu ; seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Les justificatifs et la fiscalité de chaque motif de déblocage anticipé sont détaillés dans notre guide du déblocage du PER.

L'achat de la résidence principale

Un projet heureux permet aussi de débloquer son épargne retraite : l'acquisition de la résidence principale. Seuls les droits issus des versements obligatoires restent bloqués. La fiscalité est ici moins douce : les apports déduits sont imposables au barème l'année du retrait.

Un déblocage anticipé à envisager ?

Un déblocage anticipé à envisager ?

Chiffrons ensemble son coût fiscal avant de signer.

Que devient le PER en cas de décès ?

Sur un PER assurance, l'épargne est versée aux bénéficiaires désignés dans la clause. Si le titulaire décède avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € ; au-delà, un abattement global de 30 500 € s'applique. C'est l'âge au décès qui compte, pas l'âge au moment des versements.

En cas de décès avec un PER compte-titres, l'épargne rejoint la succession classique. La rédaction de la clause mérite autant d'attention que sur une assurance-vie : notre guide pour rédiger une clause bénéficiaire vous y aide.

Préparer la transmission de votre PER

Préparer la transmission de votre PER

Un conseiller Perlib vérifie vos bénéficiaires et votre stratégie successorale.

Les idées reçues sur le plan d'épargne retraite

« Mon argent est bloqué quoi qu'il arrive. » Faux : accidents de la vie et achat de la résidence principale permettent de le retirer avant la retraite.

« Je serai obligé de sortir en rente. » Faux pour les versements volontaires et l'épargne salariale, qui peuvent sortir en capital. Seuls les versements obligatoires imposent une sortie viagère, quel que soit le produit.

« La déduction est un cadeau fiscal. » Pas tout à fait : c'est un impôt reporté, payé à la sortie. Mieux vaut l'anticiper dès l'ouverture. Pour un foyer au taux d'imposition faible, le calcul peut même être défavorable.

« Le PER remplace l'assurance-vie. » Non, les deux se complètent : l'un est bloqué et aidé fiscalement à l'entrée, l'autre reste disponible. Notre comparatif assurance-vie ou PER expose leurs différences.

Votre situation patrimoniale est unique : cet article informe, il ne constitue pas un conseil personnalisé. Avant d'ouvrir un contrat ou de choisir un mode de sortie, un bilan patrimonial avec un conseiller Perlib permet de tenir compte de vos revenus, de votre foyer et de vos projets.

FAQ : le plan d'épargne retraite, comment ça marche ?

Vous versez de l'argent pendant votre vie active, en le déduisant le plus souvent de votre revenu imposable. L'épargne est investie selon la gestion choisie, puis récupérée à la retraite en capital, sous forme de revenu à vie ou les deux.

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Plan épargne retraite : comment ça marche ? Guide 2026